J'aime assez revenir sur les principes fondamentaux et le bon sens pour essayer de réfléchir sur certains sujets.
Voici la définition que Wikipedia donne sur le terme bureautique: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bureautique
"Le terme de bureautique désigne les applications ayant pour objectif la mécanisation et l'automatisation du travail de bureau, soit les processus de production, d'expédition, de réception et de conservation des documents."
Je trouve qu'on oublie assez vite les vertus de l'informatique pour ne privilégier que l'innovation ou la complexité induite par l'informatique d'aujourd'hui. Microsoft est d'ailleurs assez fautif sur ce sujet. Moi le premier, je reconnais bien volontiers que mon métier m'a souvent amené à présenter à de nombreux clients les nouveautés les innovations en oubliant souvent que mon audience ne connaissait même pas les produits précédents.
Revenons donc aux fondamentaux.
Je pense personnellement qu'une DSI, ou toute personne impliquée dans un choix de technologies ou d'outils, devrait réfléchir à la pertinence de la bureautique dans son usage quotidien. Il y a de fortes chances que si elle ne contribue pas à « la mécanisation et à l’automatisation du travail », alors elle a peu d’utilité.
Les outils bureautiques sont encore, et pour longtemps à mon avis, la partie visible du système d'information, de la DSI et de "l'informatique" pour un utilisateur. Ils ne sont pas « has been » : ils sont devenus des compagnons quotidiens qui n'évoluent pas forcément à notre rythme. Par exemple, les outils de communication en temps réel (messagerie instantanée, VOIP...) ne sont pas encore bien répandus dans les entreprises alors qu'ils font partie des outils de bureautique.
Mais sans chercher dans ces innovations récentes, la bureautique est incroyablement populaire auprès de ceux qui l'utilisent mais qui ne sont malheureusement pas dans les directions informatiques.
J'en veux pour preuves que le deuxième site Microsoft le plus visité (après http://www.microsoft.com) est..... http://office.microsoft.com (100 millions de visiteurs par mois). Les news groups les plus actifs sont ceux d'Office. Les logiciels les plus vendus au monde restent ceux de la suite Office. Le sondage Ifop, dans la référence des usages des technologies de l’information au travail, a montré aussi que l’e-mail, le traitement de texte ou le tableur sont encore les outils les plus utilisés.
Cela peut en énerver certains qui y voient un abus monopolistique de Microsoft. En réalité, cela reflète une véritable écoute de nos clients utilisateurs qui nous permettent de remettre en question nos produits régulièrement. Nous n’oublions pas, quand nous développons nos produits, que l’informatique est avant tout là pour automatiser des taches et donc simplifier la vie de tous. Et l’ambition est de le faire à grande échelle, ce qui peut être décrié ou applaudi.
La bureautique n'est donc pas pour moi "has been" sauf peut-être pour les informaticiens qui ne voient pas dans ces vieilles technologies de la valeur mais un poison à la gouvernance car elles donnent de l'autonomie à ceux qui l'utilisent.
Est-ce que le futur de la bureautique se joue dans le "Cloud" ?
Je dois vous avouer que je suis sceptique non pas par méconnaissance du phénomène Web 2.0 ou par embrigadement Microsoft qui tenterait de protéger son monopole du poste de travail mais plutôt par bon sens.
Est-ce que le "Cloud" peut délivrer le même niveau de service, de qualité, d'autonomie, de développement de sa propre logique métier: aujourd'hui NON. La puissance du PC, sa richesse et son autonomie sont des facteurs de résistance au passage en mode « full web » qui ne fournit aujourd'hui qu'un usage simplissime de certains composants de la bureautique traditionnelle.
Est-ce que la mécanique de déploiement du "Cloud" est un facteur d'adoption: OUI. Qui ne rêve pas de pouvoir utiliser n'importe quel produit sans avoir à l'installer ?
Est-ce la mécanique de mise à jour rapide des produits "Cloud" est un facteur de succès: PAS SUR. Suis-je prêt à subir des changements de comportements, d'interfaces du jour au lendemain dans mes outils de travail quotidiens ?
Bref l'équation du Web 2.0 est séduisante de simplicité mais elle oublie complètement la dimension "usages" en se focalisant uniquement sur les aspects de simplicité (déploiement, usage, location).
Certes cette simplicité est louable et doit être recherchée constamment dans la conception des produits et services qu'on met à disposition du plus grand nombre. Mais il faut également réfléchir à la qualité et à la diversité des services rendus qui pour l'instant ne peuvent pas être comparés à ce que peut apporter un client riche.
Pour autant la bureautique 2.0 est pour moi fondamentale. Elle permettra, et permet déjà, d'adresser des nouveaux cas d'usages notamment quand on ne peut prédire l'environnement des utilisateurs. Par exemple Outlook Web Access permet depuis près de 10 ans d'accéder à sa messagerie au travers d'un navigateur web sans le client riche Outlook. Pour autant, je ne suis pas sûr qu'un utilisateur Outlook s'en contente bien qu'il en soit ravi dans certaines situations (accès depuis chez soi, accès depuis un poste banalisé...).
Il y a fort à parier que les suites bureautiques évolueront toutes y compris celle de Microsoft vers ce modèle client riche/client léger pour offrir le meilleur niveau de service en fonction du besoin.
Quel futur pour la bureautique ?
Je n'en ai pas la moindre idée... Qui peut prédire l'avenir dans le domaine des technologies ? Il y a fort à parier qu'on verra les outils bureautiques accessibles à de plus en plus de gens pour rendre de plus en plus de services et "automatiser le travail". J'ai tout de même un rêve qui, pour moi, devrait être la future révolution de l'informatique et qui devrait faire encore plus exploser les frontières du partage et de la communication. Il y a eu Internet qui a mis en relation des millions de gens sur la planète, espérons qu'il y ait "Interlanguage" qui permettra à tout le monde de communiquer dans sa langue natale et d'être compris de tous sur la planète. La Chine étant de plus en plus dominante et la pyramide des âges en occident ayant tendance à se tasser vers le haut (pas sûr que les retraités se mettent à apprendre le chinois), m'amène à penser qu'il y a une opportunité pour que la traduction live audio/audio puisse être la prochaine révolution où la technologie sera au service de l'homme.
Source :
Blog Pierre-Yves Delacote