Publié le 19.05.11
« Identifier clairement ses besoins en amont »
Directeur technique du cabinet de conseil en architecture Neoxia, Eric K’Dual défend des logiques d’architectures agiles, permettant de tirer pleinement parti des opportunités qu’offre l’interopérabilité.
Quels sont les principaux avantages de l’interopérabilité pour les entreprises ?
- Le bénéfice est d’abord financier ! Négliger l’interopérabilité peut conduire à maintenir plusieurs formats, à accroître sa dépendance envers tel ou tel fournisseur… bref à ne pas saisir de vraies opportunités d’optimisation des coûts. Et en termes d’expérience utilisateur, l’interopérabilité permet un vrai gain de temps et prévient aussi certaines frustrations. De fait, l’interopérabilité présente de nombreux avantages à condition d'identifier clairement ses besoins en amont, plutôt que d’en faire une pratique systématique.
Cette systématisation est un phénomène que vous observez couramment ?
- L'interopérabilité n’est pas la réponse à tous les futurs changements . A titre d’exemple, certaines entreprises sont allées jusqu’à concevoir leur propre framework [cadre de développement, NDLR] ultra-générique. Framework qu’elles doivent ensuite actualiser et maintenir, opérations qui ne sont pas neutres financièrement.
La notion d’interopérabilité a-t-elle évolué ces dernières années ?
- Absolument. Il y a encore 10 ans, l’interopérabilité faisait référence à des principes et des normes binaires très techniques. Elle était d’ailleurs à cette époque souvent confondue avec la compatibilité, deux notions pourtant bien distinctes. On parlait alors de DCOM et de CORBA, deux protocoles techniques lourds et complexes à mettre en œuvre et surtout bâtis sur des technologies "propriétaires". En termes d'interopérabilité métier, qui se souvient encore du corpus ebXML ? Avec l’arrivée des premières générations de middleware, tel que Biztalk Server, l’interopérabilité s’est déplacée vers l’intégration. Progressivement on a vu apparaître les principes de SOA et les protocoles afférents. Mais c’est avec l’avènement des produits d’intégration de seconde génération de Biztalk Server par exemple, que l’interopérabilité est devenue un concept plus facile à mettre en œuvre.
En quoi cette évolution est-elle positive ?
- A l’origine, l’approche binaire de l’interopérabilité impliquait souvent une remise en cause de l’existant. Ces dernières années nous ont fait gagner en souplesse : citons notamment les Web Services SOAP, puis plus récemment les architectures REST. L’interopérabilité peut être pratiquée à bien des niveaux : processus, langage, protocoles d’échanges, etc. L’entreprise gagne en souplesse et en réactivité, ces solutions laissant plus de marge de manœuvre. De plus, elles ne remettent pas en cause l’existant. Enfin, elles reposent sur des technologies standards. Là où il fallait des spécialistes pour mettre en place des solutions techniques complexes, aujourd’hui des compétences moins expertes suffisent. Résultat, les projets sont économiquement plus "abordables".
Que recommandez-vous concrètement à une entreprise intéressée par l’interopérabilité ?
- Selon moi, la conception d’architectures agiles - s’appuyant notamment sur les règles REST – est essentielle. Ces architectures permettront ensuite de rendre une partie du système interopérable très simplement, et sans remise en cause profonde de l’existant.
Pour prendre un exemple très simple, demandez-vous comment Microsoft vous permet de représenter vos données sur une carte géographique : pas de norme, pas de couplage, pas de nouveautés techniques, juste des API Web bien pensées et reposant sur les protocoles du web.