Publié le 19.05.11
« Notre stratégie est définie par les attentes de nos clients »
Alfonso Castro, Directeur de la stratégie Interopérabilité de Microsoft France
L’interopérabilité a marqué un grand tournant dans la stratégie de Microsoft : quelles en ont été les principales étapes ?
- Nous avons toujours pratiqué l’interopérabilité en fournissant des services pour Macintosh ou encore Linux. Néanmoins, on peut estimer que notre réflexion sur le sujet a réellement débuté au cours des années 2000. Plusieurs phénomènes ont contribué à ce tournant et notamment l’arrivée de Microsoft sur les serveurs d’entreprise. La réglementation émanant des Etats a également joué un rôle crucial sans oublier l’explosion d’Internet et des échanges B2B.
C’est en février 2008 que nous avons pris officiellement position en définissant des principes d’interopérabilité. Depuis cette date, nous les appliquons systématiquement à tous nos produits.
En quoi consistent ces principes d’interopérabilité ?
- Ils sont définis selon quatre axes qui régissent tous nos développements.
Tout d’abord, tous nos produits proposent des éléments d’interopérabilité qui se concrétisent généralement par des API (interfaces de programmation) que des applications tierces peuvent utiliser pour dialoguer.
Ensuite, nos développements sont documentés afin, bien entendu, de permettre à des tiers de comprendre et d’utiliser le code.
Troisième axe, la normalisation. C’est probablement l’axe le plus difficile et le plus long dans la mesure où la définition d’une norme prend du temps et nécessite beaucoup de travail. Sans compter que sa documentation n’est pas toujours précise et peut laisser le champ libre à des interprétations. Mais dans la mesure du possible, nous implémentons systématiquement toutes les normes du marché sur nos solutions.
Enfin, dernier axe, la collaboration. Nous travaillons, en effet, avec les éditeurs du marché afin de fournir des solutions à nos clients.
De même que l’accès au code source ou l’implémentation des normes est insuffisante pour assurer le dialogue, un seul axe ne garantit pas l’interopérabilité. Nous travaillons nos solutions en combinant en permanence ces quatre axes.
Qui définit la stratégie d’interopérabilité chez Microsoft ?
- En fait, elle n’est pas définie par Microsoft mais par un conseil de surveillance créé à notre initiative. Il s’agit de l’Interoperability Executive Customer Council (IECC ), qui réunit une quarantaine de DSI de tous les pays et de tous les secteurs.
Nous y exposons nos intentions et les membres du conseil réagissent. Il s’agit d’une vraie collaboration qui nous permet d’initier le dialogue avec d’autres éditeurs du marché pour développer une solution d’interopérabilité commune, répondant à un besoin précis d’un de nos clients.
Cette stratégie est-elle commercialement rentable ?
- Oui, l’interopérabilité est tout à fait compatible avec le fait d’être une société commerciale. C’est même un avantage car elle favorise le marché et ouvre notre champ d’action.
Quelles sont pour vous les concrétisations les plus importantes de votre stratégie ?
- Windows® Azure est bien-sûr un produit qui a été conçu, dès son origine, sur les bases de l’ouverture. ((cf. zoom 1)) Mais si on reprend les événements dans l’ordre chronologique, OpenXML est certainement une des preuves les plus emblématiques de notre engagement en faveur de l’interopérabilité.
Nous ne pouvions pas à l’époque adopter tout simplement ODF car ce format ne gérait pas toutes les fonctions présentes dans Office. Nous avons donc ouvert le format de notre suite bureautique pour en faire une norme d’interopérabilité, tout en maintenant la richesse fonctionnelle de notre offre.
Notre collaboration avec Novell est également un bel exemple car elle répond aux besoins des clients tout en servant notre stratégie.
Concrètement, les deux systèmes Linux Server et Windows Server cohabitent dans 70 % des entreprises. L’interopérabilité était donc une nécessité. Mais elle devrait également jouer en notre faveur sur le marché de la virtualisation, sur lequel se trouvent certains de nos concurrent. Preuve qu’interopérabilité et logique commerciale sont plus complémentaires qu’antagonistes.
Enfin, il existe de nombreux autres exemples dont nous sommes fiers dont nos collaborations, directes ou indirectes, à Eclipse, Apache, PHP, etc.
Et les communautés open source reconnaissent aujourd’hui notre investissement. J’en veux pour preuve le fait que 80% des projets open source de SourceForge fonctionnent désormais sur Windows !
Les 4 principes d’interopérabilité selon Microsoft :
- Les interfaces de programmation
- La documentation
- La normalisation
- La collaboration
Documents de veille