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L'innovation joue un rôle de plus en plus important dans l’opérationnel



Par Philipp Harper

En matière de production de biens ou de services, l'excellence opérationnelle est devenue le credo des entreprises, où que ce soit dans le monde. L’accélération de la mondialisation, due au développement de l'informatique et à la progression de la concurrence fait qu’en termes opérationnels, même des progrès marginaux peuvent faire la différence entre réussite et échec. Et parfois même entre survie et disparition d’une entreprise.

Atteindre l'excellence opérationnelle était bien plus facile hier. La chaîne de montage, phare de l'ère industrielle, était relativement simple à maîtriser si on la compare aux systèmes d'exploitation d’aujourd’hui, où le numérique oblige bien souvent à intégrer de multiples plates-formes logicielles.

Le développement de solutions destinées à optimiser les process est devenu à lui seul un business en pleine croissance. La Production Light, la Qualité Totale, l'approche Six Sigma sont quelques unes des méthodes utilisées pour lutter plus efficacement contre la concurrence, sur un marché qui ne cesse d’évoluer.

L'amélioration des processus gagne tous les secteurs de l'économie



Au printemps 2005, le magazine IndustryWeek et le Manufacturing Performance Institute (MPI) réalisaient une étude auprès de 700 entreprises américaines ; 80 % de ces dernières déclaraient alors vouloir optimiser leurs processus. Ces changements, prévus au départ pour améliorer uniquement le secteur de la production, allaient bientôt toucher l’ensemble des départements des entreprises.

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Atteindre l'excellence opérationnelle était bien plus facile hier.

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La Production Light, concept visant à accroître la productivité en éliminant les procédures lourdes et inutiles, est l’une des méthodes les plus utilisées aujourd’hui. Plus d'un tiers des sociétés à la recherche de progrès opérationnels optent pour cette solution. Ce souci d’optimisation n’est plus seulement du ressort des responsables opérationnels. Une étude récente réalisée par le groupe Aberdeen, montre qu’un tiers des industriels sondés fait remonter les informations sur ce sujet à des niveaux de hiérarchie de plus en plus élevés. Et que dans les 18 mois à venir, ils pensent même aller jusqu’à transmettre ces données à la haute direction.

Ce qui se passe dans le secteur industriel se répercute dans celui des services. Au niveau mondial, les investissements consentis à la recherche et au développement de nouvelles solutions technologiques par les services financiers, devraient passer de 38 % en 2004 à 44 % en 2009 (en parts de budget informatique). Objectif : toujours le même, accroître l'efficacité opérationnelle.

Et, si l’on en croit le thème de la conférence sur l'avenir des activités bancaires en Chine : « Excellence opérationnelle en période de croissance rapide », les responsables des pays riches ne sont pas les seuls à vouloir faire évoluer leurs méthodes. L’objectif de ce rendez-vous qui eut lieu en 2004, était de présenter aux banquiers chinois « les développements des meilleures pratiques au niveau mondial ».

Un tel intérêt est compréhensible, compte-tenu de l'importance des enjeux. Ainsi en Inde, l'informatique et les services, secteur en forte progression, collabore avec McKinsey & Co. pour rattraper son retard opérationnel et devenir encore plus compétitif au niveau mondial. S’il y parvient, le produit intérieur brut indien pourrait en être valorisé de 1% (d’après un rapport récent de McKinsey).

Privilégier des solutions sur mesure



Dans son ouvrage « Good to Great », Jim Collins, consultant et ancien professeur d'économie de l'université de Stanford, tente d'identifier les critères caractérisant les entreprises les plus florissantes. Pour lui, c'est la manière d’utiliser la technologie qui fait la différence. Les entreprises qui réussissent sont celles qui adaptent soigneusement les technologies à leurs fondamentaux, pas celles qui se décident sur un coup de cœur.

Mentor Engineering, société basée à Calgary qui développe des logiciels wi-fi pour les personnels nomades, constitue un bon exemple de choix de la « bonne » technologie. L’entreprise souffrait d’un un problème sérieux : ses équipes devaient se démener pour traiter les commandes et planifier les projets à venir en utilisant quelques 20 systèmes de gestion et de logiciels non intégrés ! « Nos systèmes et outils cohabitaient mal, ce qui nous empêchait de partager les informations entre services et nous gênait pour regrouper facilement les données, les analyser et prendre des décisions », déclare Steve Dewis, responsable des opérations chez Mentor Engineering.

Pour optimiser et simplifier les choses, la société choisit Axapta, système de planification des ressources et des prix développé par Microsoft Business Solutions.

Progiciel intégré complet, Axapta permet de gérer les aspects financiers, la relation client, la vente et la logistique, la gestion des stocks, la planification des projets, de la production, des ressources matérielles, l'analyse commerciale, etc….Une fois cette solution implantée, Steve Dewis déclarait : « Grâce à Axapta, nous avons pu réduire de 75% le nombre de feuilles de calcul et d'applications internes ». Parallèlement à la consolidation des systèmes, le choix d’Axapta a fait bondir de 25 %.la productivité des équipes.

La survie dépend de l'optimisation opérationnelle



L'enquête menée par IndustryWeek/MPI en 2005 a également révélé des choses bien peu réjouissantes : si 75 % des entreprises interrogées constatent une hausse de la productivité et du CA par collaborateur -due principalement à l'amélioration continue des méthodes utilisées- elles indiquent également que ces gains ont été presque entièrement absorbés par l'augmentation des coûts des matières premières et du poste santé, entre autres. Quelles conclusions en tirer ? D’abord que vouloir toujours plus d’efficacité n’est pas suffisant pour « faire le trou » vis à vis de ses concurrents. Ensuite qu’optimiser ses méthodes permet juste de ne pas engranger de pertes. Depuis quelque temps, on observe que ceux qui obtiennent les moins bons résultats financiers sont ceux qui investissent le moins en recherche et développement. Mais on note aussi que le fait d’investir n’est pas suffisant pour garantir le succès. Plus que jamais, toute entreprise doit s'assurer que le changement, en termes de systèmes ou de nouvelles méthodologies, est bien adapté à sa structure opérationnelle. Et qu’il répond précisément à ses problématiques propres.




Philipp Harper
Philipp Harper est un écrivain et rédacteur chevronné travaillant en freelance pour le compte notamment du Wall Street Journal et du magazine Forbes, mais aussi des sites Web MSNBC.com et MSN Money. Il vit dans le sud de l'État de Géorgie.