OBJECTIF 1 - Réduire l'extrême pauvreté et la faim
L’extrême pauvreté est la réalité quotidienne de 1,4 milliard d’êtres humains qui
vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Disette et malnutrition se répartissent
presque également : plus de 920 millions de personnes n’ont pas assez à manger pour
satisfaire leurs besoins quotidiens.
Dans le cas des jeunes enfants, ce déficit peut être dangereux parce qu’il retarde
leur développement physique et mental et menace leur survie. Plus du quart des enfants
de moins de 5 ans des pays en développement sont mal nourris. Il est possible de
surmonter la pauvreté et la faim.
En Asie, la pauvreté a reculé de façon spectaculaire : le nombre de personnes qui
vivent avec moins de 1,25 dollar par jour a baissé de près de 400 millions entre
1990 et aujoud'hui, décennie de croissance économique rapide.
Dans plus de 30 pays, la faim a été réduite d’au moins 25 % en 10 ans. Quatorze
de ces pays se trouvent en Afrique subsaharienne, région la plus durement touchée
par la faim et la malnutrition.
OBJECTIF 2 - Assurer l'éducation primaire pour tous
C’est l’éducation qui permet de choisir la vie que l’on mènera et de s’exprimer
avec confiance dans ses relations personnelles, son milieu et son travail. Les 69
millions d’enfants d’âge à être scolarisés dans le primai re qui ne vont pas à l'école
se voient refuser l’exercice d’un droit fondamental. Il s’agit surtout d’enfants
de familles pauvres, dont la mère, le plus souvent, n’a pas fréquenté l’école non
plus.
Ce gaspillage de potentiels ne touche pas seulement les enfants car l’éducation,
notamment celle des filles, comporte des avantages sociaux et économiques pour l’ensemble
de la société. Une femme éduquée a de meilleures perspectives économiques et participe
davantage à la vie publique. Si elle est mère, elle tend à avoir des enfants moins
nombreux mais en meilleure santé, qui ont plus de chances d’aller à l’école.
Tous ces points positifs sont autant d’armes contre le cercle vicieux de la pauvreté.
Cinq régions approchent de l’enseignement primaire universel. Mais pour qu’elles
atteignent cet objectif, il faudra renforcer considérablement l’action entreprise
en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Océanie.
Dans ces régions et ailleurs, il faut aussi s’efforcer, tout en les scolarisant,
de maintenir les enfants à l’école, surtout les plus difficiles à atteindre, et
de leur donner une éducation de qualité.
OBJECTIF 3 - Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
L’égalité des sexes, qui est inscrite dans les droits de l’homme, est au cœur de
la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Sans elle, on
ne pourra vaincre ni la faim, ni la pauvreté, ni la maladie.
C’est dire que l’égalité doit être réelle à tous les niveaux de l’enseignement et
sur tous les lieux de travail, et que la maîtrise des ressources et la représentation
dans la vie publique et politique doivent être également partagées. Parvenir à la
parité dans l’enseignement – à l’école primaire et au-delà – est une condition préalable
à la pleine participation des femmes à la vie sociale et à l’économie mondiale.
Dans trop de pays, les filles sont des laissées pour compte. Parmi les nombreux
avantages qu’offre un enseignement de qualité, il y a la sécurité qui s’attache
au travail rémunéré. Or, les femmes sont trop souvent reléguées dans des emplois
précaires et mal payés. Bien que leur place dans les emplois non agricoles rémunérés
ait augmenté, elles restent une petite minorité dans les emplois salariés dans beaucoup
de régions, tout en étant surreprésentées dans le secteur informel de l’économie.
Donner aux femmes un pouvoir égal d’intervention dans les décisions qui influent
sur leur vie, du sein de la famille aux instances les plus élevées du gouvernement,
c’est leur donner la clef de leur autonomie. Or, bien que leur représentation dans
les parlements nationaux augmente régulièrement depuis 1990, elles n’occupent encore
que 19 % des sièges parlementaires dans le monde.
OBJECTIF 4 - Réduire la mortalité infantile
La mort d’un enfant est toujours un événement tragique. Près de 8,8 millions d’enfants
meurent chaque année (c’est-à-dire 24 000 par jour) avant d’atteindre l’âge de 5
ans. Ils vivent pour la plupart dans des pays en développement et meurent d’une
maladie ou d’un ensemble de maladies qui auraient pu être prévenues ou guéries à
peu de frais avec les moyens dont on dispose déjà. Parfois, ces décès sont dus simplement
au manque d’antibiotiques pour soigner une pneumonie, ou de sels de réhydratation
pour mettre fin à une diarrhée.
La malnutrition est présente dans plus de la moitié des cas. La mortalité des enfants
est étroitement liée à la pauvreté : les progrès des taux de survie des enfants
de moins d’un an et de ceux de moins de 5 ans sont les plus lents dans les pays
pauvres et dans les tranches les plus pauvres de la population des pays riches.
La solution du problème passe par l’amélioration des services de santé publique,
notamment les équipements d’adduction d’eau et d’assainissement. L’enseignement,
notamment quand il touche les filles et les mères, est aussi un moyen de sauver
des vies d’enfant.
Relever le niveau de revenu n’est pas non plus inutile mais les résultats restent
maigres si les services nécessaires n’atteignent pas ceux qui en ont le plus besoin.
OBJECTIF 5 - Améliorer la santé maternelle
Une naissance devrait être un motif de réjouissance mais près d’un demi-million
de femmes meurent tous les ans pendant la grossesse ou l’accouchement. Elles sont
20 fois plus nombreuses à être atteintes de lésions ou d’invalidités graves qui,
si elles ne sont pas soignées, peuvent être sources de douleurs et d’humiliations
pour le restant de leurs jours.
La mort d’une mère peut être particulièrement tragique pour les enfants qu’elle
laisse plus exposés à la pauvreté et à l’exploitation. Les pays qui affichaient
déjà des taux de mortalité maternelle faibles ont fait encore des progrès. Cela
ne suffit pas. Faire baisser ces taux dans les pays où ils sont le plus élevés exige
des ressources supplémentaires pour que la majorité des accouchements se fasse en
présence de médecins, d’infirmières ou de sages-femmes capables de prévenir et de
déceler les complications obstétriques et d’y faire face le moment venu.
Lorsqu’un problème se présente, il faut que la mère puisse gagner à temps un centre
médical bien équipé. L’universalisation des soins de santé génésique, y compris
de la planification familiale, est le premier préalable à la santé maternelle.
Il est particulièrement important de pourvoir aux besoins des jeunes gens, qui sont
1,3 milliard à entrer dans la phase reproductive de leur vie. À l’heure actuelle,
200 millions de femmes manquent de services de contraception sûrs et efficaces.
OBJECTIF 6 - Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
Depuis le premier cas de sida, il y a 25 ans, le virus est devenu la cause principale
des décès prématurés en Afrique subsaharienne, et la quatrième cause de décès dans
le monde. Plus de 20 millions de personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie
et on estime à 33 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de
2008. Outre les souffrances impossibles à chiffrer qu’elle a imposées, l’épidémie
a effacé des décennies de développement dans les pays les plus touchés.
Les pays qui ont échappé au fléau sont très rares. Mais il y a des pays qui se battent,
et qui gagnent. La Thaïlande et l’Ouganda ont montré que la volonté des dirigeants
et une vision stratégique du problème permettaient de faire reculer les taux d’infection.
Ils sont des exemples pour les autres pays qui sont la proie du virus.
D’autres maladies ne font pas la première page des journaux mais privent aussi de
leur vitalité et de leurs espérances les populations du monde en développement.
Le paludisme tue 860 000 personnes par an, des enfants pour la plupart, et
l’on estime qu’il a amputé de 1,3 % le taux annuel de croissance économique des
pays africains.
La tuberculose, réputée définitivement vaincue, apparaît de nouveau, avec des souches
de bacille pharmacorésistantes et les vulnérabilités dues au sida et à son virus.
Évidemment, ces trois maladies se concentrent dans les pays les plus pauvres. Or,
on peut les maîtriser en grande partie grâce à l’enseignement, à la prévention et,
lorsqu’elles frappent, à la thérapeutique et aux soins.
OBJECTIF 7 - Assurer un environnement durable
Assurer un environnement durable signifie exploiter intelligemment les richesses
naturelles et protéger les écosystèmes complexes dont dépend la survie de l’humanité.
Cet objectif ne peut être atteint avec les schémas de consommation et d’exploitation
d’aujourd’hui : les terres se dégradent à un rythme alarmant; les espèces animales
et végétales disparaissent en nombre record; les climats changent, entraînant des
risques de hausse du niveau des mers et d’aggravation des sécheresses et des inondations;
les poissons et la ressource marine sont surexploités.
Les populations rurales pauvres sont les plus directement touchées par ces phénomènes
parce que leur vie quotidienne et leurs moyens de subsistance dépendent souvent
des ressources que fournit leur milieu. Si l’exode vers les villes a réduit la pression
qui s’exerçait sur les terres arables, il a grossi la population qui vit dans des
taudis insalubres et surpeuplés.
Dans les villes et en dehors, des milliards de gens n’ont ni source sûre d’eau potable
ni sanitaires. L’élimination de ces obstacles et la solution des autres problèmes
écologiques supposent que l’on s’intéresse davantage au sort des populations pauvres
et que l’on renforce la coopération mondiale à un niveau sans précédent.
Les initiatives prises pour empêcher la couche d’ozone de continuer à s’appauvrir
montrent que les progrès sont possibles si la volonté politique existe.
OBJECTIF 8 - Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
L’idée que la lutte contre la pauvreté est collective et que tous les pays ont intérêt
à y participer est au cœur des objectifs du Millénaire pour le développement. Ce
sont les pays en développement qui portent la responsabilité de la réalisation des
objectifs, mais le soutien international est crucial aussi, surtout pour les pays
les plus pauvres et ceux qui souffrent de leur isolement géographique.
Dans une économie mondialisée, il faut également ouvrir les perspectives qui, en
matière d’échanges, de stabilité financière internationale et de transfert de technologies
permettront aux pays en développement de saisir les occasions de s’engager dans
un développement soutenu et de l’accélérer.
La Déclaration du Millénaire des Nations Unies formalise l’engagement pris par les
pays en développement de gérer sainement leur économie, de s’attacher à leur propre
développement et de répondre aux besoins humains et sociaux de leurs populations.
Les pays développés de leur côté se sont engagés à soutenir les pays plus pauvres
en augmentant leur aide à la hauteur de à,7% de leurs richesses nationales, en
commerçant avec eux et en allégeant leur dette.
Pour que ce partenariat ait un sens, il faut qu’il réponde aussi aux besoins des
pays en développement en matière de technologie, de moyens médicaux et d’emplois,
notamment à l’intention des cohortes de jeunes de plus en plus nombreuses.