| L’interopérabilité et Microsoft | |
| Formats de documents et XML | |
| Open XML, standard international depuis le 7 décembre 2006 | |
| ODF et Open XML | |
| Open XML et standardisation ISO |
L'année dernière, Microsoft a multiplié ses efforts pour identifier et répondre aux besoins d'interopérabilité de ses clients. À cet effet, nous avons notamment créé le Conseil Executif de l'Interopérabilité, composé de directeurs des systèmes d'information du secteur public et du secteur privé. Représentant toutes les régions du monde, les membres de ce Conseil travaillent en étroite collaboration avec nous pour nous aider à mieux comprendre leurs besoins les plus critiques. Nous avons également tissé des liens avec d'autres parties pour créer l'Alliance pour l'interopérabilité (Interoperability Vendor Alliance), nous avons instauré des collaborations en matière d'interopérabilité avec des fournisseurs comme Novell et JBoss, nous avons tenu la promesse Open Specification et apporté notre soutien à Open XML pour qu'il accède au rang de norme internationale. Toutes ces initiatives traduisent un engagement permanent et notre ferme détermination à offrir une interopérabilité dès la conception d'un produit, grâce à des activités cohérentes, centrées sur le client.
Microsoft sait parfaitement que, pour garantir l'interopérabilité, il faut faire appel à différents outils. Ces outils, nous les déployons tous : nous concevons des produits de manière à ce qu'ils puissent interagir avec d'autres dès leur installation, sans nécessiter de services de conseil extensifs. Nous collaborons avec d'autres partenaires technologiques pour relever ensemble des défis liés à l'interopérabilité. Nous élargissons l'éventail des voies d'accès à nos technologies afin que d'autres puissent créer des solutions interopérables et nous participons aux efforts visant à mettre au point des standards propices au développement de solutions communes pour relever les défis liés à l'interopérabilité.
Aujourd'hui, l'interopérabilité fait couler beaucoup d'encre, suscitant pas mal de confusion et de faux-fuyants. La meilleure façon de mettre fin rapidement à ces tergiversations est de se concentrer sur ce qui se passe réellement et sur les mesures prises actuellement, plutôt que sur la rhétorique. Le débat relatif aux formats de fichiers de documents en est un bon exemple.
En ce qui concerne les formats de documents, les clients ont indiqué sans ambiguïté qu'ils voulaient l'interopérabilité, le choix et l'innovation. Par rapport à ces critères, Microsoft est depuis longtemps convaincu de la puissance intrinsèque des formats de fichiers basés sur XML ; ces formats permettent en effet de libérer les données dans les documents et contribuent à intégrer processus de front office et processus de back office - tout en offrant des opportunités non négligeables aux fournisseurs de logiciels indépendants pour créer des applications à haute valeur ajoutée. Au fil du temps, Microsoft n'a cessé d'intensifier la mise en œuvre de formats basés sur XML dans les différentes versions d'Office. Dans Office 2007, les formats de fichiers par défaut des programmes Word, Excel et PowerPoint sont désormais basés sur Open XML, un format également supporté par Office 2003, Office XP et Office 2000 via une mise à jour gratuite. En d'autres termes, Office supporte depuis longtemps plusieurs formats différents.
Nous pensons qu'Open XML constitue une formidable avancée vers la concrétisation de la vision initiale de XML, selon laquelle une interopérabilité élargie doit permettre d'archiver, de structurer, de regrouper et de réutiliser des documents de multiples façons, dynamiques et originales. Nous sommes également persuadés qu'Open XML peut favoriser le déclenchement d'un cycle d'innovations et d'investissements qui produiront des avantages inestimables pour les clients au cours des prochaines années.
Les clients, notamment dans le secteur public, nous ont dit qu'ils préfèreraient qu'Open XML devienne un standard ouvert. De façon plus générale, de nombreux clients et partenaires nous ont déclaré qu'ils souhaiteraient pouvoir disposer de droits élargis leur permettant d'utiliser sans frais des brevets Microsoft, quels qu'ils soient, pour mettre en œuvre tout ou partie du format.
Face à un tel intérêt, Microsoft et d'autres ont préconisé la standardisation d'Open XML. Nous avons introduit une demande en ce sens auprès d'Ecma International, organisme de standardisation hautement respecté qui a développé des centaines de standards technologiques internationaux au cours des 46 dernières années. L'Ecma a mis sur pied une commission technique représentant un large éventail d'intérêts, y compris des sociétés technologiques (Apple, Intel, Novell, Microsoft, NextPage, Toshiba), des institutions gouvernementales qui archivent des documents (British Library, U.S. Library of Congress) et des " super utilisateurs " qui exploitent à fond les technologies de l'information (BP, Statoil, Barclays Capital, Essilor). Pendant près d'une année, cette commission technique n'a pas ménagé ses efforts : son travail intensif a abouti à la rédaction d'une spécification répondant à ses objectifs clés. La spécification initialement soumise à la commission technique comptait 2000 pages ; la commission en a fait un document de plus de 6000 pages, après avoir détaillé de manière extensive tous les aspects du format. Cette spécification permet de mettre le standard en œuvre sur plusieurs plates-formes d'exploitation et dans des environnements hétérogènes. Elle offre également une rétro-compatibilité avec des milliards de documents existants.
Pour être certain d'avoir identifié et résolu toute question relative à Open XML avant l'achèvement de la procédure internationale ECMA, la commission technique a publié des avant-projets de la spécification afin de recueillir l'avis et les réactions de la communauté. Entre-temps, Microsoft a ajouté la spécification Open XML à son programme "Open Specification Promise", indiquant ainsi clairement que tout brevet Microsoft nécessaire à la mise en œuvre d'une quelconque partie de la spécification était mis gratuitement à la disposition de ceux qui en avaient besoin. Corel et Novell ont déjà annoncé qu'ils implémenteront un support Open XML dans WordPerfect et OpenOffice. D'autres envisagent, eux aussi, de mettre en œuvre un support Open XML, pour répondre aux attentes de leurs clients.
Le 7 décembre 2006, l'Ecma a approuvé l'adoption d'Open XML comme standard ouvert international. Composé de 21 membres, le jury s'est prononcé à la quasi-unanimité.Seul IBM a voté contre. IBM a également été le seul à marquer son opposition, lorsque l'Ecma a accepté de soumettre Open XML comme standard à la ratification de l'ISO/IEC JTC1. Certains gouvernements avaient en effet incité l'Ecma à demander cette reconnaissance supplémentaire afin que le marché ait le choix entre plusieurs standards ISO/IEC JTC1, y compris l'Open Document Format (ODF).
Microsoft félicite l'Ecma et les nombreux participants pour leur travail soutenu et l'aboutissement de leurs efforts. Aujourd'hui, Open XML est à l'examen auprès de l'ISO/IEC JTC1 en vue de sa ratification.
Une partie du débat sur la ratification d'Open XML porte sur des comparaisons entre Open XML et ODF. Il est important de rappeler qu'ODF et Open XML ont été créés selon des objectifs conceptuels très différents et qu'ils ne représentent que deux des nombreux standards de formats de documents utilisés aujourd'hui - chacun de ces standards ayant des caractéristiques propres, qui le rendent plus ou moins attractif en fonction de l'utilisateur et des scénarios d'utilisation.
Le format ODF est étroitement lié à OpenOffice et aux produits apparentés et reflète la fonctionnalité de ces produits. ODF a vu le jour au sein d'OASIS, un autre organisme de standardisation, avant d'être soumis à l'ISO/IEC JTC1. OASIS mène actuellement un projet visant à réviser la version d'ODF soumise à l'ISO/IEC JTC1. Par ailleurs, Open XML reflète la richesse fonctionnelle d'Office 2007, offre une plate-forme propice à de formidables scénariis de productivité grâce au " schéma défini par l'utilisateur " et a été conçu pour pouvoir assurer une rétro-compatibilité avec des milliards de documents existants. (Pour en savoir plus sur ce standard, consultez le document Office Open XML Overview publié par l'Ecma.) Bien qu'ODF et Open XML soient tous les deux des formats de documents, ils sont conçus pour répondre à des besoins différents sur le marché. Ils ne représentent que deux formats parmi de nombreux autres utilisés aujourd'hui - dont PDF/A et HTML, déjà reconnus comme standards ISO et supportés par Office. On peut d'ailleurs observer une dynamique similaire en ce qui concerne les formats d'images numériques, où CGM, JPEG et PNG par exemple constituent des standards ISO mais répondent chacun à des besoins différents sur le marché.
La procédure d'examen accéléré d'Open XML par l'ISO/IEC JTC1 (appelée procédure "fast track") implique une période d'un mois au cours de laquelle les organismes de standardisation nationaux peuvent signaler d'éventuelles contradictions entre l'objet analysé et des activités existantes ou en cours au sein de l'ISO/IEC JTC1. Cette période est suivie d'un examen technique qui dure cinq mois et d'un vote.
La durée de la procédure est fondamentalement la même que celle appliquée pour l'analyse d'ODF au sein de l'ISO/IEC JTC1. Lorsque l'ODF était en cours d'examen, Microsoft n'a pris aucune mesure susceptible de ralentir la procédure, parce que nous savons pertinemment que les clients souhaitent la standardisation des formats de documents. A l'opposé, pendant la période initiale d'un mois au cours de laquelle Open XML a été examiné par les experts de l'ISO/IEC JTC1, IBM a mené une campagne globale, incitant vivement les organismes nationaux à exiger que l'ISO/IEC JTC1 ne prenne même pas la peine de considérer Open XML, parce que l'ODF avait déjà accompli la procédure ISO/IEC JTC1 avant lui. En d'autres termes, Open XML ne devrait pas être pris en compte, même pour ses qualités techniques, tout simplement parce qu'un autre standard concurrent a déjà été adopté. IBM a crié victoire en bloquant Open XML grâce au bruit fait autour des remarques qui avaient été formulées. IBM ignore ici le fait que la grande majorité des membres ISO a décidé de ne pas soumettre de remarques et que la plupart, voire la totalité des questions seront examinées pendant l'examen technique qui doit suivre.
Cette campagne, qui cherche à bloquer le tout premier stade de la prise en considération d'Open XML au sein de l'ISO/IEC JTC1, est une tentative flagrante d'exploiter une procédure de standardisation pour limiter la liberté de choix offert au marché et cela à des fins commerciales ultérieures et au mépris de toute retombée négative sur le choix du consommateur et l'innovation technologique. Ce n'est pas un hasard si le produit Lotus Notes d'IBM, actuellement au cœur d'une campagne de promotion active d'IBM, n'offre pas de support à la norme internationale Open XML. Si elle réussit, la campagne visant à bloquer la prise en considération d'Open XML risque d'enclencher une dynamique selon laquelle la première technologie soumise à l'organisme de standardisation - quelles que soient ses qualités techniques - exclurait d'emblée la prise en compte ultérieure de toute autre technologie apparentée. Le mouvement initié par IBM pour imposer l'ODF aux utilisateurs par le biais de mandats d'acquisition publics est une nouvelle tentative de limiter la liberté de choix offerte au marché. Dans le domaine des formats de fichiers basés sur XML (des formats qui peuvent interagir aisément grâce à des convertisseurs et être mis en œuvre côte à côte au sein des logiciels de productivité), une telle exclusivité est absurde - sauf pour ceux qui doutent de leur aptitude à concurrencer leurs rivaux sur le plan des qualités techniques du standard alternatif qu'ils proposent. Nous devons résister de toutes nos forces à cette campagne, qui a pour but de restreindre le choix et d'imposer un seul standard au consommateur.
Nous sommes à l'écoute de nos clients et nous savons ce qu'ils veulent, parce qu'ils nous l'ont dit. Ils veulent la liberté de choix. Ils veulent l'interopérabilité. Ils veulent l'innovation. Comme beaucoup d'autres, nous sommes convaincus qu'Open XML atteint tous ces objectifs et nous nous réjouissons d'apporter notre soutien à l'Ecma, qui recherche une collaboration positive avec les organismes de standardisation nationaux pour faire aboutir la procédure ISO/IEC. Le document OpenXMLDeveloper.org fournit un aperçu du support apporté à Open XML et d'autres informations utiles sur l'expansion rapide de la communauté qui défend le standard Ecma Open XML.
Tom Robertson
Directeur général interopérabilité et standards
Microsoft
Jean Paoli
Directeur général interopérabilité et architecture XML
Microsoft