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Secteur Public 
Eric Bignand
Normalisation d’Open XML : une nouvelle étape vient d’être franchie
Paru le 15 octobre 2007



Dès le mois de décembre 2005, Microsoft soumettait les spécifications préliminaires d’Office Open XML à un groupe de travail au sein d’un organisme de standardisation international, l’Ecma International qui jouit d’une excellente réputation dans le monde de la normalisation et a vu 250 de ses standards publiés par l’ISO depuis 1987. Avec Apple, Barclays Capital, BP, The British Library, Essilor, The Gnome Foundation, Intel, The Library of Congress, NextPage, Novell, Statoil et Toshiba, Microsoft a travaillé au sein du Technical Committee 45 pour documenter et publier intégralement le format Ecma Office Open XML, standard de documents ouvert dont l’un des objectifs majeurs est notamment de pouvoir représenter toutes les informations stockées dans les milliards de documents créés dans les formats binaires d’Office de par le passé. En décembre 2006, le format Ecma Office Open XML a été ratifié en tant que standard international sous le numéro ECMA-376. L’assemblée générale de l’Ecma a également pris la décision de soumettre ce standard à l’ISO/IEC JTC 1 suivant le processus dit de fast-track afin d’en faire une norme internationale.

Le 2 septembre dernier, à l’issue d’une période de révision des spécifications de 5 mois, l’ensemble des pays concernés a voté au sein de l’ISO pour déterminer s’ils acceptaient le standard Office Open XML tel que présenté par l’Ecma. Ce vote a été positif puisque 51 pays (représentant 58,6 % des votants) ont voté favorablement pour Office Open XML La participation de 87 pays à ce vote démontre d’ailleurs le niveau d’intérêt exceptionnel pour la normalisation d’un format de document révisable tel qu’Office Open XML. A titre de comparaison, pour le format Open Document Format 1.0, 32 pays avaient voté positivement, 15 l’ayant fait pour le format PDF/A.

Cependant, à l’occasion de ce vote, les règles d’approbation à l’ISO/IEC JTC1 requièrent notamment qu’au moins 2/3 des votes des pays, dits de catégorie P, participant au vote de l’ISO/IEC JTC1 soient positifs et que pas plus de ¼ du nombre total des pays votants soient négatifs. Ces deux critères n’ont donc pas été satisfaits puisque seuls 53 % (au lieu de 66,66 %) des pays de catégorie P ont voté positivement et que 26 % (au lieu de 25 %) ont voté négativement.

Pour autant, conformément aux processus définis par l’ISO, le processus de normalisation se poursuit positivement. En effet, avec leur vote, les comités de normalisation nationaux ont proposé des commentaires techniques ayant pour objectif d’améliorer la norme et c’est à l’Ecma – en tant que soumissionnaire du projet de norme – qu’il appartient de répondre à l’ensemble de ces commentaires, ce qui est déjà en cours. L’ensemble de ces commentaires va maintenant être discuté à l’occasion d’une réunion dite de ballot resolution meeting (BRM), qui sera organisée par le sous-comité (le SC34) en charge de ce sujet à l’ISO/IEC JTC 1, à la fin du mois de février 2008 à Genève, en Suisse. L’objectif de cette réunion sera de revoir et de chercher un consensus sur les modifications possibles du standard ECMA-376 à la lumière des commentaires qui accompagnaient les votes de chacun des pays afin d’aboutir, si possible, à la normalisation d’Office Open XML Pour cela, si les modifications proposées sont telles que les comités de normalisation nationaux souhaitent retirer leurs votes négatifs et les changer en votes positifs que les critères d’acceptation mentionnés précédemment sont remplis, alors la norme concernée sera approuvée et pourra donc être publiée.

En France, malgré un très fort soutien à Open XML par les clients du secteur privé, mais aussi par les associations et des collectivités locales, ainsi que de l’écosystème des éditeurs de logiciel et des sociétés de service et en dépit de l’absence de consensus au sein de la commission de normalisation qui aurait dû en toute logique aboutir à une abstention, l’AFNOR a pris la décision d’émettre un vote « non avec commentaires », ce qui signifie que, si ses commentaires sont pris en compte à son entière satisfaction lors de la phase de BRM, l’AFNOR pourra, si elle le souhaite, retirer son vote négatif et le transformer en vote positif.

D’une façon générale, les fournisseurs d’applications ont répondu favorablement au format Open XML et ce, sur de multiples plateformes logicielles : Linux, Mac OS, Palm OS, Windows (la liste complète des applications supportant Open XML est disponible sur le site http://www.openxmlcommunity.org qui affiche un support provenant de plus de 2000 sociétés, de 67 pays sur 5 continents). Ainsi, Novell a introduit une version de la suite OpenOffice qui peut lire et écrire au format Open XML. De même, Corel supportera le format Open XML dans la suite WordPerfect 2007. Microsoft a également inclus des outils de compatibilité pour le format Open XML, permettant aux utilisateurs d’Office 2000, XP et 2003 de lire et d’écrire au format Open XML. La nouvelle version 2007 de la suite Office utilise également le format Open XML comme format de fichier par défaut. Cette adoption large et rapide du format Open XML démontre la volonté des éditeurs de logiciel et des utilisateurs de stocker leurs documents dans des formats de fichiers ouverts. La décision de supporter Open XML est également une preuve importante administrée par l’écosystème du fait que ce format fournit une valeur importante aux utilisateurs. Par ailleurs, une communauté de développeurs autour de ce format est très active sur http://www.openxmldeveloper.org.

Ceux qui ont déjà utilisé Open XML peuvent témoigner des bénéfices apportés par ce format de fichier dans les domaines de la gestion des informations et de la sémantique grâce au support des schémas métier, de l’interopérabilité avec les systèmes d’information existants, de la préservation à long terme des documents et de la migration vers un format ouvert des milliards de documents au format binaire déjà existants.

D’une façon générale, et conformément au rapport rendu récemment par le Gartner Group à propos du cadre européen d’interopérabilité (European Interoperability Framework) en cours de définition par la Commission Européenne, nous pensons que la multiplicité des standards est positive pour les états et pour les citoyens dans la mesure où elle facilite l’évolution et permet d’éviter d’être l’otage d’un seul fournisseur. Ainsi et pour filer la métaphore, prenons l’exemple des véhicules qui sont utilisés par la plupart des gouvernements ou des collectivités locales de par le monde. Qu’ils soient des camions de pompiers, des ambulances, des cars de police, des véhicules de transport en commun, des chasse-neige ou autres, la grande variété de tâches et de besoins de la population requiert de la part du gouvernement ou de la collectivité locale la flexibilité d’utiliser le véhicule approprié pour le travail demandé. De même, les formats de fichier ouverts représentent différents objets et différents objectifs pour chacun des utilisateurs et un format de document unique ne peut pas nécessairement répondre à tous les besoins qui émergent des différents scénarios de création et d’utilisation de documents. Telle qu’une ambulance ne constitue pas le choix optimal pour nettoyer les rues ou qu’un chasse-neige n’est pas pratique pour transporter les habitants vers leur lieu de travail, les scénarios d’utilisation des logiciels suggèrent que de nombreux formats de fichier existent pour satisfaire l’incroyable diversité de besoins des applications logicielles.

Les formats d’images, les formats de documents éditables, les formats de documents fixes, les formats d’archives, les formats de feuilles de calcul, les formats de mise en page, les formats d’emails, les formats de diagrammes et de plans et d’innombrables autres formats existent pour satisfaire les besoins de chacune des applications et de chacun des utilisateurs. Il n’est donc pas nécessairement réaliste ni même possible de définir un format de document unique qui satisfassent tous les besoins. Par contre, il est essentiel de faire en sorte que les différents formats en question puissent interopérer entre eux, par exemple au moyen d’un traducteur tel que celui qui a été réalisé, à l’initiative de Microsoft, par une communauté Open Source autour de la société française CleverAge pour permettre aux fichiers ODF et Open XML d’interopérer facilement. La richesse permise par la multiplicité des formats de fichiers permet ainsi à chacun de voir satisfaits ses besoins variés pour les différentes formes possibles d’utilisation de ces documents :

        •  La liberté de choisir un format qui corresponde aux besoins du moment ;

        •  Des formats de document qui peuvent être échangés librement par plusieurs applications et systèmes ;

        •  L’indépendance par rapport à des applications, des fournisseurs ou des plates-formes spécifiques pour échanger des documents ;

        •  Une compatibilité maximale avec des documents existants ;

        •  La préservation des documents pour permettre leur archivage ;

        •  Des formats de documents qui supportent la grande diversité des langages et des moyens d’accessibilité ;

        •  Une meilleure protection contre les usages malveillants de l’information stockée dans les documents ;

        •  …

Certains de ces objectifs peuvent souvent être en conflit ; il n’y a donc rien de choquant à vouloir définir plusieurs normes de formats de documents afin de refléter la diversité des usages. Par contre, cela impose de pouvoir disposer d’une interopérabilité réelle entre ces différents formats mais cette interopérabilité n’exige en aucune façon d’imposer l’unicité de tels formats. Pour cela, la normalisation constitue une des voies possibles fondamentales ; en effet, elle garantit l’indépendance de la norme par rapport aux intérêts des sociétés privées tout en assurant, grâce à une documentation la plus complète et la plus précise possible, la capacité d’interopérer entre plusieurs systèmes et logiciels et la préservation du capital immatériel des états et des sociétés.

Gageons que, grâce à cette dernière étape franchie à l’ISO, l’interopérabilité devienne aussi une réalité pour les formats de fichiers révisables.

Eric Bignand
Directeur Secteur Public
Microsoft France
Bernard Ourghanlian
Directeur Technologie et Sécurité
Microsoft France



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