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Interopérabilité des SI : fantasme ou réalité ?


L’histoire de l’informatique a été marquée depuis son origine par une quête – d’aucuns diront sans fin – d’interopérabilité, cette possibilité qui semble si naturelle de faire travailler ensemble des logiciels en provenance de divers fournisseurs. Aujourd’hui encore, cette nécessité constitue un défi auquel les états et les entreprises doivent faire face au quotidien. Car l’interopérabilité est importante pour tous : c’est tout à la fois une nécessité technique et réglementaire (cf. le Référentiel Général d’Interopérabilité en cours de définition par la DGME) et le garant d’un accès ouvert à l’information mais aussi un moyen d’entretenir la bonne santé de l’écosystème informatique en favorisant choix, compétition et innovation. C’est aussi un moyen de réduire les coûts, d’améliorer l’efficacité, la flexibilité et la valeur ajoutée du système d’information tout en évitant aux gouvernements et aux entreprises d’être l’otage d’un fournisseur. En bref, l’interopérabilité constitue, depuis toujours, une sorte de Graal de l’informatique.

Il faut, par ailleurs, reconnaître que l’interopérabilité recouvre plus que de simples questions techniques de bas niveau. Pour réussir à mettre en pratique une véritable interopérabilité, les architectes des systèmes d’information doivent aborder une série de questions qui englobent tout à la fois les notions d’interopérabilité technique mais aussi sémantique, culturelle et organisationnelle que nous n’évoquerons pas ici.

Bien que le mot interopérabilité puisse revêtir des acceptions différentes en fonction du contexte, il est généralement pris dans le sens de « capacité des produits et services informatiques disparates à échanger et à utiliser des données et des informations (c’est-à-dire « communiquer ») en vue de fonctionner ensemble dans un environnement en réseau ».

L’interopérabilité peut être obtenue par de nombreux moyens complémentaires et qu’il ne semble pas raisonnable d’opposer a priori :
  • Adoption de normes et de standards ouverts en général issus d’organisations internationales ou régionales/locales telles que l’ISO ou l’ECMA.
  • Adoption de « recommandations » comme celles issues d’organismes de l’industrie informatique comme le W3C ou l’OASIS.
  • Adoption de standards « propriétaires » qui sont des spécifications techniques développées et maintenues par une entité unique ou par un groupe d’entités coopératrices et qui sont en général disponibles par publication et largement diffusées sous licence selon des conditions raisonnables sur le plan commercial pour pouvoir être largement adoptées par le marché (Adobe PDF, Java, API Win32,…).
  • Publication de formats, API ou protocoles : ce sont des spécifications publiées qui permettent l’interopérabilité avec diverses plates-formes et applications. Il peut s’agir de formats de fichiers permettant l’interopérabilité au niveau de l’échange de fichiers (par exemple, les schémas XML qui ont été publiés dès 2003 par Microsoft pour les principales applications de sa suite Office ou les formats ODF d’OpenOffice.org qui ont été publiés avant que ces derniers ne soient normalisés), d’API permettant l’interopérabilité au niveau de la programmation entre une application et une plate-forme sous-jacente, et de protocoles qui définissent la façon selon laquelle les logiciels dialoguent directement sur le réseau.
  • Publication et diffusion sous licence de technologies et de la propriété intellectuelle sous-jacente : ce sont des spécifications, processus ou interfaces qui sont publiés et largement diffusés sous licence (par exemple, le programme de concession de licence de brevets d’IBM ou de Microsoft).
  • ...
Par ailleurs, du fait que les standards se concurrencent et évoluent pour répondre aux besoins du marché, leur nature peut également évoluer avec le temps. Ainsi, le développement conjoint d’un standard « propriétaire » par quelques entreprises peut se justifier si ce standard peut être développé et adopté plus rapidement qu’en suivant le processus de développement des standards ouverts : c’est, par exemple ce qui s’est passé lors du développement des standards des Services Web qui ont été, à l’origine, développés par quelques entreprises (IBM, Microsoft, Verisign, BEA, Iona et quelques autres) avant d’être repris par des organismes de standardisation comme l’OASIS. De même, si un standard propriétaire est largement reconnu et mis en œuvre par de nombreuses organisations, il passe au statut de « standard de fait » (comme, au départ, le format PDF d’Adobe). À ce stade, il peut être proposé à un organisme de normalisation, comme l’ITU ou l’ISO, pour une ratification formelle en tant que norme afin de permettre une implantation encore plus large ; c’est ce qui a été fait avec les formats PDF/X et PDF/A qui sont maintenant des normes ISO après avoir été définis par Adobe ou encore le langage C# et le CLI (Common Language Infrastructure) qui ont été définis par Microsoft, puis standardisés par l’ECMA, avant de devenir des normes ISO.

De même, il peut parfaitement exister, à un instant donné, plusieurs normes ou standards permettant de couvrir le même domaine fonctionnel : vidéo MPEG 4 (ISO/IEC 14496-10 et ISO/IEC 14446-2), sans fil (IEEE 802.11g et 802.11a/b), réseau filaire (Ethernet et Token Ring), support de DVD réinscriptible (DVD+R(W) et DVD-R(W)), format de stockage pour la télévision haute définition (Blu-Ray et HD-DVD), etc. Même si l’on peut naturellement souhaiter que de telles spécifications puissent converger, l’expérience montre qu’il est nécessaire de « laisser du temps au temps » pour qu’une telle convergence puisse se réaliser, ce qui signifie que la cohabitation la plus harmonieuse possible se doit d’exister.

L’industrie informatique est, aujourd’hui, certainement plus harmonisée dans son approche générale que par le passé. Cela laisse à penser que les problèmes d’interopérabilité seront traités de manière plus efficace. Ainsi, constatant que les spécifications seules ne sauraient être suffisantes — des tentatives de standardisation conduites antérieurement n’ayant pu déboucher sur l’interopérabilité dans le « monde réel » — Microsoft, IBM et d’autres acteurs de l’informatique ont décidé de créer l’organisation WS-I (Web Services Interoperability Organization). La WS-I propose un forum pour l’interprétation commune des standards de services Web, afin que chacun puisse avoir, par exemple, la certitude que des mises en œuvre du standard WS-Security interopèreront. Fondée en février 2002, la WS-I compte à présent près de 150 membres issus de divers horizons : fournisseurs et intégrateurs de systèmes, fournisseurs de solutions, agences de l’administration,…

De même, alors que l’on a vu récemment le format ODF d’OpenOffice.org devenir un standard OASIS puis une norme ISO, Microsoft a également proposé le format OpenXML, qui deviendra le format par défaut de la prochaine version de la suite Office 2007, à la standardisation au sein de l’ECMA et le 7 décembre est à marquer d’une pierre blanche puisque l’assemblée générale de l’ECMA vient d’approuver cette norme, avant que cette dernière ne soit proposée à son tour à l’ISO. A la demande de nos clients, ce nouveau format ouvert a été conçu avec comme objectif prioritaire de garantir la fidélité des milliards de documents qui ont été créés par les entreprises et les administrations publiques depuis de nombreuses années.

Parce que l’interopérabilité ne doit rien au hasard, Microsoft s’engagé résolument et durablement sur quatre types de démarches volontaristes :
  • Une implication dans les processus d’élaboration des nouveaux standards. Cela se concrétise par notre contribution à tous les organismes de standardisation qui favorisent l’interopérabilité des systèmes d’information. A titre d’exemple, citons notre participation aux travaux de l’IETF, du W3C, de l’OASIS, de l’ECMA, etc.
  • La prise en compte de l’interopérabilité dès la conception du produit c'est-à-dire que tous nos logiciels intègrent par défaut les principaux standards informatiques ; c’est, par exemple, ce que nous avons fait dès l’origine avec les standards des services Web XML.
  • L’ouverture de notre politique de licence. Depuis 2003, plusieurs programmes autorisent entreprises, administrations et gouvernements à accéder ou utiliser nos codes sources ou encore à accéder à notre propriété intellectuelle, par exemple, grâce au Microsoft Communications Protocol Program.
  • De nombreuses coopérations bilatérales avec les autres acteurs de l’industrie, qu’ils soient concurrents ou pas. Cette coopération technique et juridique garantit à nos clients une parfaite sécurité juridique dans l’utilisation des produits Microsoft. Par conséquent, cette logique de « co-opétition » (néologisme tiré de la contraction de coopération et de compétition) permet à nos clients d’accroître leur retour sur investissement dans leurs solutions informatiques, tout en réduisant le coût et les risques associés à l’intégration de systèmes hétérogènes. Notre récent accord avec Novell ou encore notre collaboration étroite avec des sociétés comme IBM, Verisign, BEA, Iona et quelques autres lors du développement des standards des Services Web illustrent bien cette dynamique.
« La langue humaine a été véritablement frappée d’impuissance à la tour de Babel. Elle a ses limites, ce sont celles de l'orgueil » nous disait Julien Green ; c’est à travers les différentes initiatives que nous venons d’évoquer que la lumière peut se percevoir au bout du tunnel afin que ce qui a procédé du fantasme pendant tant d’années peut devenir enfin une réalité.

Pour plus d’information sur les engagements de Microsoft en matière d’interopérabilité ainsi que pour bénéficier de conseils pratiques de mise en œuvre, je vous invite à consulter le site http://www.microsoft.com/france/interop.


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