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Secteur Public 

Interview : "L'interopérabilité en soutien de l'administration électronique" par
B. Ourghanlian


Pour des outils plus proches des besoins territoriaux.

L’interopérabilité en soutien de l’administration électronique
En Europe comme ailleurs dans le monde, les pouvoirs publics multiplient les initiatives afin de proposer aux citoyens un éventail de plus en plus large de sources d’informations et de services numériques. Directeur de la technologie et de la sécurité de Microsoft France, Bernard Ourghanlian évoque pour nous ces enjeux.

Pourquoi la question de l’interopérabilité agite-t-elle actuellement les administrations et les organismes publics ?


Trois tendances expliquent ce phénomène de fond. D’une part, il existe une véritable volonté des instances publiques d’améliorer leurs systèmes informatiques hétérogènes, de « casser » les silos existants (qu’il s’agisse de données ou d’applications), afin de mieux coopérer entre services et entre administrations locales, nationales ou européennes et d’offrir ainsi un meilleur service aux citoyens. D’autre part, il s’agit aussi de rationaliser les coûts d’investissement et d’exploitation, en tirant le meilleur parti de l’existant et des nouvelles plates-formes déployées. En effet, l’interopérabilité permet de favoriser le choix, la concurrence et l’innovation, de réduire les coûts et la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique tout en favorisant un accès ouvert aux informations.

Par ailleurs, la volonté politique clairement affichée désormais, dans l’Union Européenne notamment, est de placer le citoyen au centre d’un dispositif qui lui permette de s’informer, de consulter et bénéficier de services électroniques en ligne, afin de faciliter ses démarches au quotidien et d’améliorer la relation entre les individus et les administrations.

Quelles sont dès lors les bases d’une interopérabilité réussie ?
Il est nécessaire de travailler sur plusieurs plans à la fois : en clarifiant l’intégration des nouvelles plates-formes avec les systèmes existants ; en recourant de préférence à des standards ouverts, dont les spécifications techniques sont claires, bien diffusées et soutenues par une large communauté de fournisseurs de solutions ou de services ; en spécifiant les standards employés pour gérer « les données sur les données » (ou « métadonnées » en jargon informatique) afin de garantir la cohérence des termes et du langage utilisés pour décrire les informations au sein des nombreuses entités des services publics ; en bâtissant une infrastructure de sécurité adaptée ; et enfin en jouant au maximum sur des composants logiciels ré-employables. Tout cela, bien sûr, après avoir clairement défini les objectifs, les étapes et les indicateurs de réussite du projet.

Existe-t-il une ou plutôt des interopérabilités ?
On peut distinguer quatre types d’interopérabilité. Le premier qui vient à l’esprit concerne la technique à proprement parler, c'est-à-dire aussi bien l’infrastructure (les protocoles de réseau, par exemple) que les interfaces entre les systèmes (tels que les services Web) ou les données échangées. Dans un tel contexte, le langage XML (), qui permet un transfert d’informations entre systèmes, indépendamment des systèmes eux-mêmes, est aujourd’hui devenu le pivot de ces outils, appuyé par d’autres langages, toujours fondés sur XML, comme le BPEL (Business Process Execution Language) lorsqu’il s’agit de gérer un processus fonctionnel de bout en bout. Mais d’autres interopérabilités sont également concernées dans le développement de l’administration électronique. Je pense notamment à celle qui touche à l’organisation des services – on parle ici d’interopérabilité organisationnelle - et que l’European Interoperability Framework s’efforce d’harmoniser à l’échelle de l’Union Européenne. La sémantique est également concernée : assurer la communication entre systèmes et applications informatiques est une chose, mais garantir une cohérence entre leurs façons de décrire et d’interpréter les informations en est une autre ! Il suffit de penser à la simple structure des adresses postales pour se rendre compte du casse-tête que cela représente… Enfin, l’aspect culturel est lui aussi déterminant : comment un service est-il structuré, existe-t-il des missions ou des fonctions redondantes entre services appelés à coopérer, comment faut-il accompagner le changement au sein des différents services ?

Au plan technique, quelle est l’implication de Microsoft en matière de standards ?
Microsoft fait preuve d’un engagement extrêmement significatif en faveur de l’interopérabilité, notamment pour ce qui concerne la prise en charge générique des standards tels que ceux du W3C tels que XML, UDDI, SOAP, les standards des services Web, etc. mais aussi grâce à la mise en œuvre des standards au sein de ses produits et technologies afin de permettre l’interopérabilité au sein d’environnements hétérogènes (Services pour UNIX, Services pour NetWare, BizTalk, Host Integration Server,...).

Ainsi, la plateforme Microsoft est conçue pour fonctionner avec d’autres applications et d’autres plateformes. De Microsoft Host Integration Server qui peut être placé devant des systèmes propriétaires existants pour permettre l’intégration des services Web sur ces plateformes, à Microsoft BizTalk Server qui permet à d’autres applications d’être opérationnelles pour les services Web, les produits et les technologies Microsoft assurent l’interopérabilité en situation réelle. Les produits de gestion de qualité de service opérationnelle tels que Microsoft Operations Manager (MOM) permettent également de développer des structures auxquelles des partenaires peuvent se connecter pour permettre à MOM d’exploiter un environnement hétérogène. Par exemple, MOM peut parfaitement exploiter une plateforme Sun Solaris ou Linux, et coexister de manière satisfaisante dans un environnement intégrant d’autres plateformes d’exploitation. De même, la publication par Microsoft du Schéma de référence XML pour Microsoft Office est un bon exemple d’interopérabilité à différents niveaux. Le schéma de référence Office XML permet de lire et d’interpréter, dans d’autres applications, des documents créés dans Microsoft Office. Bien que ce niveau d’interopérabilité présente déjà des avantages pour l’utilisateur (il permet, par exemple, une mise en page cohérente quelle que soit l’application utilisée pour travailler sur le document), ce n’est qu’un début. Le véritable avantage de XML est d’offrir aux documents un sens et une structure qui permettent aux applications d’exploiter les informations qu’ils contiennent. C’est pour cela que Microsoft Office permet également de créer des schémas XML personnalisés. Afin de faire en sorte que ces innovations puissent bénéficier à tous, Microsoft a d’ailleurs décidé de soumettre les formats de fichier d’Office 12 (la prochaine version majeure d’Office) à l’ECMA afin d’en faire une norme internationalement reconnue.

Quelle est la situation en matière de services Web ?
L’industrie informatique dans son ensemble a plutôt joué le jeu, comme le démontrent les développements de standards réalisés en commun par des acteurs potentiellement concurrents comme BEA Systems, IBM, SAP, RSA, Verisign, et… Microsoft, évidemment. Les standards édictés ont tous été scrupuleusement et méthodiquement testés en laboratoire préalablement à leur diffusion, garantissant ainsi aux développeurs, aux intégrateurs et à leurs clients au sein d’organismes publics une distinction précise des tâches assignées à chaque pile du protocole et une très bonne homogénéité de l’ensemble.

C’est grâce à la mise en œuvre de ces standards de services Web que des architectures orientées service (SOA – Service Oriented Architecture) peuvent être envisagées, le principe sous-jacent à ce concept de SOA résidant dans l’intégration et la communication des systèmes informatiques, des logiciels, des équipements et des services, sans qu’ils aient été spécifiquement conçus pour cela à l’origine.

Et quid de l’enjeu crucial de la sécurité ?
Les services Web montrent patte blanche en la matière. Ils bénéficient d’un ensemble de protocoles ad hoc (WS-Security, Trust, SecurityPolicy, SecureConversation, Federation, Privacy, Authorization) qui, chacun dans leur domaine, assure des mécanismes élaborés d’identification, authentification, autorisation, confidentialité, partage… Bref, tous les éléments sont à disposition des administrations pour qu’elles puissent bâtir des services électroniques performants et dignes de confiance.

Interview de Bernard Ourghanlian


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