Informatiser les données à la source, nouvel enjeu du secteur médical
Paru le 01 décembre 2007
Soucieux d’améliorer la qualité des diagnostics et l’efficacité des soins, l’univers médical, et hospitalier en particulier, cherche à numériser le plus en amont possible les données.
La mise en place d’un système de santé toujours plus performant passe par le développement de nouveaux traitements mais aussi par une meilleure prévention dans un cadre budgétaire de plus en plus contraint. « Si les nouvelles technologies de traitement de l’information offrent dans ce cadre des leviers évidents pour accélérer la recherche médicale, mettre en place des systèmes d’alerte sanitaire ou épidémiologiques, et piloter l’organisation et les coûts, leur adoption par le personnel médical doit encore progresser » pointe Dominique Gerbod, responsable du développement santé chez Microsoft France. Le personnel médical est de plus en plus sous contrainte pour exercer son métier. C’est souvent parce qu’il existe dans ce métier une forte dimension humaine que ces personnes acceptent de faire plus que leur temps normal de travail, de prendre des responsabilités en devant, parfois, faire l’impasse sur la dimension administrative et juridique. Dans ce cadre-là, l’informatique n’apporte pas encore des éléments concrets et pragmatiques qui permettraient de soulager la pression à laquelle est soumis le corps médical. Pour être efficace, l’informatique doit être plus simple à utiliser et proche de la production de soins. Elle doit en outre procurer un retour sur investissement rapide et mesurable.
Des équipements légers, adaptés aux métiers médicaux
Une des solutions consiste à équiper les personnels d’outils portables, mobiles, capables d’enregistrer des informations numériques, dès le début du parcours de soin du patient ou durant le processus de gestion administrative. C’est ainsi que les pompiers de Paris exploitent désormais de petits assistants informatiques sous Microsoft Windows Mobile, grâce auxquels ils saisissent les premières informations sur les personnes transportées vers un centre de soins. À leur arrivée, les urgentistes des hôpitaux de Paris disposent ainsi d’une première base pour établir la fiche du patient.
L’intérêt de fournir de tels équipements, adaptés au métier du personnel de santé, est que l’information numérisée comprend aussi bien du texte que des graphiques – par exemple, un schéma corporel, sur lequel seront inscrits les zones de traumatisme d’une personne accidentée. Des systèmes tels que des ordinateurs ultra-portables, des assistants numériques personnels, des PC tablettes, des douchettes pour codes à barres, des téléphones évolués, des stylos numériques (qui convertissent en caractères informatiques les annotations d’un praticien, d’un infirmier ou d’un agent administratif), facilitent une telle évolution vers la numérisation complète de toutes les opérations pratiquées en milieu médical (les soins, bien sûr, au premier chef, mais aussi tout le circuit d’intendance et de gestion comptable). Condition indispensable, un matériel léger et résistant n’est pas suffisant. Les logiciels doivent aussi s’adapter aux particularités du monde médical, afin que l’informatique joue pleinement son rôle d’assistance, et que le personnel de santé passe le plus de temps possible avec les patients. « Un médecin ou un infirmier ne peuvent consacrer plus de 20 % de leur temps à saisir des informations ou les rechercher par informatique, sinon c’est le signe que l’application n’a pas été suffisamment simplifiée pour s’adapter à leur quotidien », affirme Nicolas Borgis, chef de marché secteur public chez Microsoft France.
De même, l’ergonomie des interfaces proposées est un gage d’acceptation de ce type d’outils par les personnels médicaux. Là comme ailleurs, la personne reste au centre du processus, la technologie doit s’adapter à ses usages et non l’inverse.
Acquérir, puis traiter
Une fois l’acquisition numérique des données mise en place, l’important est de veiller aux capacités de dialogues entre les applications. XML s’est ainsi imposé comme le fer de lance de l’harmonisation des échanges, tandis que des applications innovantes, telles que Microsoft Infopath, convertissent directement les champs textes des formulaires de santé en flux XML. L’information bascule directement dans le système informatique de la structure, sans ressaisie, évitant les risques d’erreur et les pertes de temps.
Ces technologies sont déjà opérationnelles aujourd’hui. C’est le cas d’InfoPath pour les comptes-rendus de visite à domicile pour le service d’hospitalisation à domicile (HAD) de l’AP-HP ou encore du stylo numérique de HP-Kayentis pour les protocoles de tests médicamenteux à l’Unité de recherche clinique de l’hôpital Bichat. « Même en hôpital, certains ordinateurs ou portables sont fixés sur des chariots roulants. Or ces matériels ne peuvent entrer dans les chambres, pour des raisons d’hygiène. De plus, les personnels médicaux ont souvent besoin d’avoir leurs deux mains libres, pour se consacrer aux soins. Dans tous ces cas de figure, le recours à un formulaire communiquant et un stylo numérique représente un gain qualitatif, en numérisant les données à la source, tout en respectant les habitudes de travail », souligne Philippe Berna, PDG de Kayentis.
Au-delà des outils décrits, d’autres avancées sont actuellement testées dans le cadre du projet « hôpital du futur » aux Hospices publics de Lyon, en partenariat avec Atos Origin, Intel, HP, Cisco et Microsoft. Des technologies récentes comme les étiquettes à radio fréquences (RFID) et les réseaux sans-fil Wifi facilitent la localisation des ressources et leur traçabilité.
Les technologies disponibles
Microsoft est présent, directement ou via ses partenaires éditeurs et constructeurs, aux différents stades de la chaîne d’acquisition des données. Dans les terminaux, Microsoft fournit des systèmes d’exploitation dédiés (Windows Mobile, Pocket PC, Windows XP et XP Embedded (embarqué), Windows CE. En remontant dans la couche logicielle, l’offre d’acquisition de données s’appuie sur Infopath et sur le standard XML, qui ouvre le champ aux échanges d’informations structurées. Ce langage sera d’ailleurs systématisé à toutes les applications de la future version d’Office.
