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"Les personnels de santé veulent des outils à leur service, et pas l’inverse"



Entre le tout-papier et le tout-informatique, il existe une alternative : la numérisation de l’écriture manuscrite. Cette voie médiane respecte les habitudes de travail des personnels de santé, tout en alimentant le système d’information en données structurées.

Travailler en numérique tout en conservant papier et stylo ? C’est cet étonnant paradoxe que vivent au quotidien, dans le cadre de leurs fonctions, les laborantins du l’unité de recherche clinique de Paris-Nord et les aides-soignants du service d’hospitalisation à domicile, deux structures dépendant de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ce système de captation numérique de l’écriture a été mis en place par la société informatique Kayentis, spécialiste en la matière. « Nous tenons un double rôle : conseiller les structures de santé sur le meilleur usage entre micro-ordinateurs, portables, assistants numériques, PC tablettes ou encore formulaires communicants, mais aussi adapter sur mesure ces solutions à l’activité des praticiens », explique Philippe Berna, président-directeur général de Kayentis.

Saisir des données sans le percevoir

Les besoins de saisie numérique diffèrent en effet fortement entre un agent administratif, sédentaire, et une aide à domicile, un médecin du SAMU ou encore un médecin légiste, qui passent l’essentiel de leur temps sur le terrain. « Même en hôpital, certains ordinateurs ou portables sont fixés sur des chariots roulants. Or ces matériels ne peuvent pas toujours entrer dans les chambres, pour des raisons d’hygiène. De plus, les personnels médicaux ont souvent besoin d’avoir leurs deux mains libres, pour se consacrer aux soins. Dans tous ces cas de figure, le recours à un formulaire communiquant et un stylo numérique représente un gain qualitatif, en numérisant les données à la source, tout en respectant les habitudes de travail », , souligne Philippe Berna. La démarche peut même s’étendre aux patients, à qui l’on soumettra un formulaire communicant pour une enquête de satisfaction ou, simplement, un choix de menus pour les jours à venir. « L’usage du stylo numérique peut également constituer une passerelle entre la médecine de ville, encore souvent rétive à l’usage du PC comme interface de saisie ou de consultation, et la médecine hospitalière, plus habituée à utiliser les micro-ordinateurs ».

La force de cette technologie est de pré-paramétrer les champs du formulaire, et de disposer de différents niveaux de confiance dans les annotations enregistrées. Au niveau le plus élevé, une confirmation sur les mots numérisés sera demandée à la personne, afin d’assurer la qualité du processus et d’éviter toute erreur d’interprétation. « Au fur et à mesure de l’utilisation de l’application, celle-ci réduit de plus en plus la marge d’erreur dans l’interprétation graphique de l’écriture, tandis que les utilisateurs s’appliquent eux aussi plus spontanément », relate le PDG de Kayentis.

La couche logicielle de l’application récupère alors des flux de données XML. Le traitement informatique s’exécute ensuite en « back office ». Avantage de cette approche centrée sur les serveurs, les mises à jour s’effectuent sans impact sur les terminaux utilisés, stylo ou autres.


L’art de rendre un formulaire communicant

Développée par HP, la technologie de « digital pen » promue par Kayentis s’appuie sur de simples formulaires. Seule particularité, ils reçoivent, au moment de l’impression laser, une très fine couche aditionnelle, qui permet ensuite la lecture des informations par le stylo numérique. Celui-ci enregistre à l’aide d’une caméra les motifs formés par la main sur la page (cases cochées, textes, graphiques…), tout en déposant de l’encre comme un stylo traditionnel. Puis ces données sont transférées vers un micro-ordinateur et un logiciel de traitement, soit par le biais d’un « encrier numérique » (une station d’accueil connecté au PC par un port USB, et servant en même temps de chargeur de batteries), soit directement par le biais d’un téléphone mobile Nokia. Les fichiers textes ou images rejoignent alors la chaîne d’information médicale.



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