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Secteur Public 

Vers la fin des Tours de Babel en milieu hospitalier ?

Paru le 03 octobre 2005

L’informatisation des hôpitaux s’est accomplie au fil du temps, service par service, sans toujours l’aide d’un schéma directeur central. Conséquence : le suivi des patients et l’organisation des soins buttent sur ces cloisonnements internes. Heureusement, de plus en plus d’initiatives de collaboration et d’échanges d’informations apparaissent.


Un patient, admis en clinique ou à l’hôpital, est suivi par de multiples services. Ainsi, le scénario classique comporte généralement une entrée programmée ou en urgence, suivie d’examens complémentaires (scanner, IRM, analyses biologiques…) et éventuellement de concertations entre spécialistes de tel ou tel domaine, afin d’établir le meilleur diagnostic. L’absence d’un système informatique global, à même de récolter les différentes sources d’information, handicape aussi bien le personnel de santé que les patients. Pour les premiers, nombre de déplacements entre les différents services pourraient être évités, qui pour retrouver des résultats radiologiques ou d’analyses avant une opération chirurgicale, qui pour conforter un avis médical avec un collègue présent physiquement à un autre endroit de l’hôpital ou de la clinique. Pour les seconds, cette absence de coordination et de suivi informatisé de leur dossier médical engendre un sentiment de frustration, voire d’angoisse.


Des dialogues informatiques à établir

Le cloisonnement des données va à l’encontre de la démarche de qualité et de positionnement du patient au cœur du dispositif médical. Les unités de soins doivent améliorer à la fois les capacités d’échanges entre les personnels, mais aussi d’interconnexion des systèmes. La tâche est complexe car, la démarche naturelle est l’optimisation du fonctionnement du service au détriment d’un fonctionnement global. De plus, la fluidification des échanges d’information est compliquée du fait de leur double nature. D’une part on doit traiter les informations médicales, telles que les résultats d’analyses biologiques, ou la gestion des rendez-vous, d’autre part les informations administratives, telles que le mouvement des patients ou la disponibilité des lits. Et puis, communiquer n’est pas simple : chaque service, chaque spécialité, possède son propre langage et donc l’utilisation d’une sémantique commune est nécessaire pour que tout le monde puisse se comprendre. C’est l’objet des normes et des standards comme IHE, HL7 ou EHRCOM dont l’implantation opérationnelle n’est pas toujours aisée. Comme en témoigne Thierry Durand, directeur informatique du centre de cancérologie Léon Bérard à Lyon, qui a totalement informatisé les dossiers patients depuis 2002 : « Le partage des informations, c’est à la fois une culture qu’il faut développer et des outils qu’il faut mettre en place, l’un ne va pas sans l’autre ».


Vers une plus grande ouverture

Au-delà, du décloisonnement des services, l’informatique hospitalière doit intégrer les échanges avec d’autres acteurs externes à l’hôpital (services d’urgence, médecins libéraux, hospitalisation à domicile, télémédecine), mais aussi avec les patients eux-mêmes. Ce sera d’ailleurs nécessaire pour la mise en place du dossier médical personnel prévu pour courant 2007. Cependant, cette ouverture de l’hôpital vers l’extérieur impose de préserver la confidentialité des données échangées entre le malade et l’établissement. Mais l’idée d’un accès électronique sécurisé à son dossier médical, et la possibilité de l’enrichir par les interventions du médecin traitant ou de spécialistes libéraux, est déjà une réalité. Tel est le sens du SISRA (Système d’informations de santé Rhône-Alpes) qui partage en réseau les identifiants des patients, les services d’alertes et de données de différents réseaux (diabète, obésité, urgences) et les dossiers patients partagés et répartis (DPPR). D’ici 2007, 50 à 100 établissements privés ou publics seront ainsi connectés, mais aussi des cabinets médicaux et les tutelles légales (ARH, URCAM, Conseil régional).


Les technologies disponibles

Des produits familiers, simples à utiliser : dans le monde médical, un éditeur comme Microsoft capitalise sur sa connaissance reconnue des interfaces et des outils de communication (Outlook) ou de traitement de l’information (Office). Des produits de la gamme Information Worker, tels que Windows SharePoint Services, facilitent la création, en quelques clics et par des non informaticiens, d’espaces de partage de l’information, de collaboration numérique. En termes de serveurs, l’offre d’EAI BizTalk, véritable « prise multiple » entre les systèmes à travers son connecteur HL7, permet aux flux d’informations, médicales et administratives, de circuler indépendamment des systèmes déployés. Bien souvent, les technologies de Microsoft servent de socle à des « applications métier ». Il en va ainsi de la solution Sigmacom, développé par GWI (groupe Agfa), qui « offre aux personnels en charge de la gestion de l’imagerie médicale la possibilité de partager à distance les informations (contexte du patient et images diagnostiques) nécessaires à l’établissement d’une expertise ».



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