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La région Rhône-Alpes en pointe sur la mutualisation des données informatiques

Paru le 03 octobre 2005

Précurseur dans le domaine du partage de l’information, le centre de cancérologie Léon Bérard de Lyon s’est naturellement trouvé aux avant-postes du SISRA, le Système d’Informations de Santé Rhône-Alpes. En plein essor, ce réseau fédérera, à terme, quelque trois cents établissements de soins publics et privés, mais aussi les médecins de ville et les tutelles légales du secteur de la santé.


L’informatique et la culture du travail en réseau incarnent déjà une longue histoire au sein du centre Léon Bérard. Celui-ci avait en effet mis en place dès 1989 un dossier patient informatisé. En 2002, l’évolution vers le tout numérique fit cesser définitivement le double circuit papier / informatique maintenu durant plus d’une décennie. « Dans un centre de cancérologie, trois types de traitements complémentaires entrent en jeu : la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie. Les praticiens savent qu’il leur faut travailler ensemble, en partageant leur savoir et leurs informations sur les patients », explique Thierry Durand, directeur de l’information hospitalière du centre Léon Bérard. La région Rhône-Alpes en pointe sur la mutualisation des données informatiques


Le patient au cœur du dispositif

Aspect fondamental du choix technologique de cet établissement : il s’agit bien d’un dossier patient informatisé (DPI), et non d’un simple dossier médical. Ainsi, du radiologue à l’infirmier, de l’interne au diététicien, du chef de service à l’aide-soignant, du comptable à l’anapathologiste (en charge de l’étude des tumeurs ou métastases cancéreuses), chacun accède en un clic de souris à une vue unique, présentant aussi bien la pathologie de la personne malade (antécédents, interventions, alertes) que sa prise en charge (date d’entrée, changement de service, transfert ou sortie, etc.). À ce dossier unique viennent se greffer des outils transversaux, destinés aux personnels de santé (la liste des patients à consulter, par exemple) ou de gestion (taux d’occupation des chambres, suivi de la facturation). « Ce dispositif offre au personnel un sentiment d’ubiquité : il accède de partout au dossier du patient, depuis les salles de consultation, le bureau ou les services. Nous disposons en effet de 10 % environ d’ordinateurs portables, reliés au système d’information par réseau sans-fil », commente Thierry Durand.


Le directeur de l’information hospitalière apporte quelques précisions quant aux choix techniques adoptés : « Aux trois quarts, nous avons développé ces outils en interne, en faisant un choix 100 % Web pour la consultation comme pour la saisie des données. De même, tout notre environnement repose sur les technologies Microsoft, du navigateur Internet Explorer au langage de développement ASP, en passant par des bases de données SQL sécurisées ». Les logiciels tiers sont totalement intégrés au DPI, et fonctionnent aussi via le Web. Le réseau d’images (PACS) gère ainsi, entre autres, les IRM, scanners… qui ne génèrent pas moins de 2 téra-octets de données par an.


L’informatique soutient une croissance de 50 % en 7 ans

Depuis 1998, le centre Léon Bérard soutient une croissance de 50 % de son activité en termes de séjours, de consultations et de patients accueillis. « Sans notre outil et notre dossier patient informatisé, nous n’aurions jamais pu faire face à un tel accroissement », reconnaît le directeur de l’information hospitalière. Les chiffres en attestent : en 2000, on comptait chaque mois 30 000 accès aux DPI ; en 2005, ce chiffre s’élève à une moyenne mensuelle de 90 000 accès ! Au total, 250 personnes différentes accèdent aux dossiers chaque jour, jusqu’aux brancardiers qui y consultent la localisation des malades dans l’hôpital.


Vers une mise en réseau régionale

Depuis 2001, le CHU de Grenoble, les Hospices civils de Lyon, le centre Léon Bérard et le réseau ONCORA, ont décidé de se faire bénéficier mutuellement de leurs projets de mise en réseau. D’informelle, leur initiative prendra sans doute à terme la forme d’un groupement de coopération sanitaire (GCS). Il faut dire que le dessein est d’ampleur : connecter au « dossier patient partagé réparti » (DPPR) entre 50 et 100 hôpitaux ou cliniques sur les 300 établissements de soins rhône-alpins d’ici 2007. Le DPPR représente l’un des trois outils du schéma directeur SISRA d’informatisation de santé dans la région, avec le serveur d’identification créant un numéro unique pour chaque patient et avec la mise à disposition d’outils d’hébergement de données pour les réseaux (diabète, obésité, urgences médicales…) ou pour les établissements n’ayant pas de système d’information. Preuve de l’engouement suscité par ce projet, l’Agence régionalisation d’hospitalisation, l’Union régionale des caisses d'assurance maladie et le Conseil régional ont décidé de contribuer à son développement à hauteur de plusieurs millions d’euros. « SISRA constitue l’interface Web entre des applications et des données conservées en local, dans les établissements. Plus d’un million de pointeurs permettent déjà d’accéder à ces informations entre hôpitaux, cliniques ou cabinets médicaux de la région, avec évidemment une gestion sécurisée des droits de consultation et de saisie de données, par le biais de la carte professionnelle de santé et de l’habilitation écrite donnée par le patient aux praticiens afin qu’ils puissent accéder à son dossier », commente Thierry Durand. L’architecture technologique repose, de nouveau, sur les solutions de Microsoft, qu’il s’agisse des pare-feux, des gestionnaires de messageries entre applications, de l’intégration d’applications (BizTalk) ou du développement informatique (.NET).


Pour en savoir plus : www.sante-ra.fr


5 niveaux de mise en réseau de l’information


Dans le cadre du SISRA, une échelle de 0 à 5 a été définie pour évaluer, dans les établissements, l’informatisation du dossier patient :


  • Niveau 0 : quelques ordinateurs non connectés présents dans l’établissement ;

  • Niveau 1 : ordinateurs connectés en réseau local, informations en partage par la bureautique ;

  • Niveau 2 : dossiers médicaux partiellement informatisés, mais sans communication entre les applications ;

  • Niveau 3 : dossiers médicaux informatisés, maintien d’un circuit papier ;

  • Niveau 4 : dossiers médicaux informatisés et utilisés directement par les médecins, maintien d’un circuit papier ;

  • Niveau 5 : dossiers entièrement numérisés, applications communicantes entre elles, suppression des documents papier.



« En Rhône-Alpes, 60% des établissements en sont encore aux niveaux 0 à 2, et seuls quelques-uns ont atteint le niveau 5 », confie Thierry Durand, directeur de l’information hospitalière du centre Léon Bérard.



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