Une nouvelle étude montre que Microsoft Windows reste la solution de prédilection pour la migration à partir d’UNIX, quand les entreprises informatiques effectuent ladite migration de leurs serveurs dans le cadre d’un effort ciblé visant à améliorer les processus d’entreprise, déployer les applications clés ou restructurer l’architecture informatique.
REDMOND, Washington, États-Unis, 25 septembre 2006 – Pour rester concurrentielles, les entreprises étudient de plus en plus les avantages en matière de coûts que leur apporterait la migration de leur infrastructure de serveurs UNIX existante vers Microsoft Windows Server.
D’après le cabinet de recherches IDC, 45 % des migrations à partir d’UNIX se sont faites vers Windows, en faisant ainsi la première plate-forme de migration UNIX (« Understanding UNIX Migration: A Demand-Side View »/« Comprendre les migrations UNIX du point de vue de la demande », janvier 2006, IDC). Ce facteur a contribué à l’annonce récente d’IDC indiquant qu’en 2005, les revenus mondiaux pour les serveurs Windows avaient dépassé ceux des serveurs UNIX pour la toute première fois (communiqué de presse IDC, « Worldwide Server Market Slows in 4th Quarter but Grows to $51.3 Billion in 2005, Highest Revenue in 5 Years, According to IDC »/« Le marché mondial des serveurs ralentit au 4ème trimestre mais atteint 51,3 milliards de dollars en 2005, le plus gros chiffre d’affaires en 5 ans, d’après IDC », 22 février 2006).
Aujourd’hui, une nouvelle étude réalisée par Mercer Management Consulting donne des éclaircissements sur les moteurs derrière cette tendance. Intitulée « Driving Lower TCO and Rapid ROI through UNIX Migrations » (« Comment réduire le coût total de possession et bénéficier de retours sur investissements rapides grâce aux migrations UNIX »), l’étude parrainée par Microsoft indique que les entreprises informatiques préfèrent Windows à Linux ou autres versions d’UNIX pour la migration de leurs serveurs UNIX dans le cadre d’un effort visant à améliorer les processus d’entreprise clés.
Pour en savoir plus sur cette étude et sur ses résultats, PressPass a interviewé John Wenstrup, conseiller en stratégie technologique pour les secteurs de l’informatique, du stockage, des réseaux et des services informatiques, travaillant chez Mercer depuis 12 ans.

John Wenstrup : Au milieu des années 1990, UNIX est devenu le système d’exploitation serveurs dominant pour l’informatique d’entreprise, cette dominance se traduisant par une part de marché et des revenus serveurs supérieurs. Encore aujourd’hui, UNIX occupe une place prépondérante, avec plus de 3,5 millions de serveurs installés et utilisés par des clients du monde entier. Cependant, d’autres plates-formes érodent, peu à peu mais régulièrement, cette prépondérance. En fait, la plupart des estimations indiquent que 40 % de ces installations UNIX passeront à de nouvelles plates-formes dans les deux ou trois années à venir. La plupart des cadres informatiques et des grands pontes du secteur informatique pensent que les facteurs derrière cette transition sont les suivants :
1. | Coût et performance. Les plates-formes concurrentes d’UNIX ont réalisé des progrès remarquables en termes de performance et beaucoup pensent que désormais des plates-formes telles que Windows Server ont plus ou moins rattrapé les performances d’UNIX. Étant donné qu’UNIX est encore beaucoup plus cher que les plates-formes concurrentes en matière d’achat et de gestion dans le temps, UNIX ne semble pas proposer un bon rapport coût/performance pour la plupart des implémentations d’applications aujourd’hui. |
2. | Fin de vie/Fin d’assistance UNIX. De nombreux vendeurs UNIX mettent un terme à l’assistance pour les plates-formes UNIX les plus anciennes. Pour cette raison, les entreprises se sont penchées sur la vaste gamme de solutions disponibles sur le marché. Un cadre supérieur a déclaré « Puisque le vendeur m’a essentiellement obligé à changer de plate-forme, j’en ai profité pour considérer toutes les solutions et j’ai choisi de passer à Windows. » |
3. | Succès des serveurs basés sur Intel. Les vendeurs UNIX qui ont pendant longtemps fait la promotion des serveurs UNIX basés sur l’architecture RISC ont commencé à prendre en charge les plates-formes Intel, en particulier du fait de la promesse de systèmes 64 bits robustes. Par conséquent, les cadres informatiques sont encore plus convaincus du potentiel des plates-formes concurrentes exploitant l’architecture Intel. |
4. | Outils améliorés facilitant le processus de migration. Une idée reçue était que la migration à partir d’UNIX vers un autre système prenait du temps, était complexe et coûtait cher. En fait, la plupart des entreprises indiquent que les migrations se sont bien mieux passées ces 3 dernières années qu’auparavant, ce grâce à de meilleurs processus et outils de migration. Les migrations sont donc plus rapides et moins coûteuses. |
Pour ces raisons, les migrations UNIX continuent et semblent même s’accélérer dans certains secteurs.
John Wenstrup : Les objectifs étaient de comprendre pourquoi les entreprises décident d’abandonner UNIX, comment elles choisissent la plate-forme de remplacement et quels avantages elles ont tiré de leur migration UNIX. Pour répondre à tout cela, nous avons eu des conversations poussées et réalisé des études de cas approfondies auprès de 30 entreprises internationales sélectionnées et recrutées par Mercer. Nous avons parlé aux décideurs en matière d’informatique qui avaient géré des migrations importantes à partir d’UNIX vers une autre plate-forme, que ce soit d’UNIX vers UNIX ou d’UNIX vers Windows ou Linux. Microsoft a parrainé cette étude et Mercer l’a réalisée de façon indépendante au cours du printemps 2006.
Nous avons passé en revue et testé les perceptions ou les idées reçues courantes sur le marché au sujet des migrations UNIX. L’étude avait été conçue pour bénéficier des connaissances des clients expérimentés et découvrir leur expérience des migrations UNIX. En gros, nous avons demandé à ces décideurs informatiques très hauts placés pourquoi ils avaient décidé d’effectuer une migration et quelle en avait été leur expérience jusqu’à maintenant.
John Wenstrup : En plus du fait que les cadres informatiques continuent à rechercher des opportunités de migration des serveurs d’UNIX vers une autre plate-forme, nous avons découvert que Windows est la solution de prédilection quand les entreprises informatiques effectuent la migration de leurs serveurs dans le cadre d’un effort réfléchi visant à améliorer les processus d’entreprise, déployer les applications clés ou restructurer l’architecture informatique, ce que nous appelons des « migrations transformationnelles ». Un autre résultat clé est que Linux semble avoir gagné une part considérable de son marché dans le cadre des décisions de migrations UNIX plus petites et plus tactiques, fondées sur des analyses financières moins rigoureuses. Nous avons également identifié trois points que nous considérons comme des idées fausses et très répandues au sujet des environnements et des migrations UNIX :
| • | Idée fausse 1 : La migration UNIX est difficile. Notre étude montre très clairement que la migration UNIX n’est pas aussi difficile que le croient de nombreux professionnels de l’informatique. Des outils robustes, les connaissances et compétences du personnel informatique d’aujourd’hui et l’architecture de nombreuses applications rendent la migration beaucoup plus facile que ce que ne redoutent de nombreux cadres. |
| • | Idée fausse 2 : Les coûts de plate-forme sont le fondement économique d’une décision de migration. Quand certaines entreprises pensent à effectuer une migration, elles supposent que les coûts des plates-formes matérielles et logicielles sont les éléments financiers principaux. En fait, nous avons découvert que la main d’œuvre nécessaire à la réalisation d’une migration et le travail continu de gestion de l’environnement représentent la plus grande partie du coût d’une migration (environ 80-85 %). Le coût total de la plate-forme matérielle et logicielle, y compris la maintenance, ne représente généralement que 15-20 % des coûts de migration totaux. Autre fait intéressant, l’acquisition initiale de la plate-forme logicielle, c’est-à-dire du système d’exploitation, ne représente qu’environ 2 % des coûts de migration totaux et même en incluant les coûts de maintenance logicielle continus, cela ne représente qu’environ 5 % du coût total. De toute évidence, cela a des conséquences pour une entreprise comme Microsoft qui doit se battre dans un monde où ses concurrents, tels que Linux, ont la réputation d’offrir des coûts inférieurs. |
| • | Idée fausse 3 : Linux est la solution évidente puisqu’elle est « gratuite ou quasi-gratuite ». Quelques-uns des participants à notre étude ont déclaré avoir choisi Linux sans hésitation « puisque c’est une solution gratuite ou quasi-gratuite, ou au moins, moins onéreuse en matière d’outils et de système d’exploitation. » Bon nombre d’autres participants ont déclaré qu’ils pensaient qu’il était plus facile d’effectuer une migration d’UNIX à Linux du fait de la compatibilité des API entre UNIX et Linux ou de la possibilité d’exploiter leurs connaissances internes d’UNIX dans l’environnement Linux. Cependant, nous avons été surpris que la grande majorité des entreprises ayant effectué une analyse du coût total de possession même modérément rigoureuse aient découvert que les retours calculés en fonction des risques pour les migrations suggéraient que Windows était à égalité avec Linux, si ce n’est dans une meilleure position, en termes de coûts totaux. « En toute honnêteté, nous avons été surpris que Linux et Windows fournissent à peu près le même coût total de possession. Ainsi, nous avons pu prendre une décision stratégique, fondée sur la disponibilité des applications et l’accès aux ressources du marché. » a déclaré un cadre. |
Pour résumer, les migrations sont vraiment plus faciles que ne le pensent la plupart des gens, les coûts de système d’exploitation et d’acquisition de la plate-forme ne représentent qu’une partie infime du coût global de la migration et des analyses du coût total de possession plus approfondies contredisent l’idée reçue selon laquelle Linux est la solution la meilleure, la plus facile et la moins onéreuse.
John Wenstrup : Bon nombre des entreprises qui pensent à effectuer des migrations transformationnelles, par exemple le déplacement de charges de travail supérieures ou stratégiques pour les applications d’entreprise, ont découvert que si elles effectuaient une analyse en fonction des risques, la plate-forme Windows offrait un coût total de possession très attractif par rapport à Linux. L’étude donne un exemple typique d’une entreprise de télécommunications européenne effectuant une migration transformationnelle pour son progiciel de gestion. D’après le responsable de l’architecture informatique de l’entreprise, le directeur informatique, peu enclin à prendre des risques, voulait réduire les coûts en déplaçant une application SAP depuis le système secondaire et l’intégrer dans un serveur Web frontal. Le directeur informatique voulait conserver UNIX, mails le responsable de l’architecture informatique a réussi à le convaincre d’envisager un passage à Windows. Après avoir réalisé une analyse, ils se sont rendu compte que Windows était la solution offrant le coût total le plus faible (même par rapport à Linux) et les risques les plus faibles. En outre, la migration vers Windows était entièrement prise en charge par SAP.
Sur les 30 entreprises avec lesquelles nous avons parlé, une bonne partie a fini par passer à un environnement Windows après avoir effectué des analyses rigoureuses du coût total de possession en fonction des risques, à l’encontre des idées reçues. De nombreuses entreprises ont non seulement effectué une analyse du coût total de possession préalable mais ont également vérifié ultérieurement que ces chiffres s’avéraient exacts. Quelques entreprises nous ont déclaré avoir atteint les niveaux de performances qu’elles avaient anticipés et avoir atteint ou dépassé leurs attentes en matière de coûts. Cela a été corroboré par les entreprises effectuant des implémentations à grande échelle aujourd’hui.
Les participants à l’étude ont également souligné que la plate-forme Windows est une solution moins risquée que Linux dans plusieurs domaines. D’abord, elle offre un accès à des compétences et des capacités, que ce soit chez les partenaires ou en interne. Ensuite, elle offre une pérennité des applications : ainsi les entreprises ne se retrouvent pas coincées avec un jeu d’applications limité au fur et à mesure de leur évolution. Enfin, la plate-forme Windows permet l’accès à des outils robustes pour des tâches telles que la gestion des systèmes.
John Wenstrup : Bien sûr. Nous avons découvert que souvent, quand une entreprise avait choisi de migrer d’UNIX à Linux, cette décision avait été prise à un niveau bien inférieur au sein de l’entreprise. En fait, c’était souvent un administrateur informatique qui prenait cette décision, généralement sans réaliser d’analyses des retours sur investissements ou du coût total de possession solides. Ces administrateurs informatiques réalisent généralement des analyses de cas extrêmement rudimentaires, fondés plus sur leurs convictions personnelles et/ou des comparaisons sommaires qui n’incluent typiquement que des données de base comme le coût de la plate-forme qui, comme nous l’avons souligné précédemment, ne représente qu’une fraction du coût total de migration.
En fait, nous avons observé un phénomène intéressant : quand les cadres informatiques avaient effectué une analyse approfondie du coût total de possession et des retours sur investissements, ils avaient tendance à choisir Windows alors que quand des employés moins qualifiés prenaient une décision tactique sans analyse rigoureuse, ils choisissaient souvent Linux. Dans de nombreux cas, les deux approches coexistaient au sein d’une même entreprise et nous avons donc vu les investissements transformationnels ou stratégiques suivis de près par les cadres supérieurs se tourner vers Windows dans une partie de l’entreprise et, au sein cette même entreprise (bien que souvent à un niveau plus enterré), les autres décisions souvent se tourner vers Linux.
Comme je l’ai indiqué plus tôt, assez fréquemment, des administrateurs informatiques nous ont déclaré, souvent avec suffisance, que le choix entre Linux et Windows était simple puisque Linux est une solution bon marché ou gratuite et Windows une solution coûteuse. Nous avons été confrontés à cette vision plutôt étroite et limitée des coûts (il ne faut pas oublier que les coûts de plate-forme logicielle ne représentent que 5 % environ des coûts totaux) plus souvent que nous ne l’avions anticipé et en avons été très surpris. Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas. Il existe des charges de travail et des applications pour lesquelles une migration d’UNIX à Linux peut être plus avantageuse qu’une migration d’UNIX à Windows, par exemple dans le cas d’applications anciennes ou personnalisées pour lesquelles la transition vers les API Linux est plus simple, mais ces cas sont de plus en plus rares dans l’univers des progiciels de série.
John Wenstrup : De nombreux experts et clients auxquels nous avons parlé dans le cadre de cette étude pensent qu’UNIX continuera à être globalement remplacé par Windows et Linux à un rythme relativement soutenu. Certains grands pontes ont suggéré que ces migrations risquent même de s’accélérer au fur et à mesure que, par exemple, les performances de Windows, particulièrement en matière d’évolutivité et de fiabilité, poursuivent leurs améliorations par rapport à UNIX. Aujourd’hui, grâce aux avantages de Windows et Linux par rapport à UNIX en matière de coûts, de nombreuses entreprises atteignent rentabilité et retours sur investissements assez rapidement. Nous pensons qu’un jour, UNIX ne survivra que dans ses derniers bastions, dans le cadre d’un petit ensemble d’implémentations d’applications personnalisées et d’environnements nécessitant une évolutivité extrêmement supérieure, pour lesquelles UNIX remplit bien son rôle. La plupart des experts estiment qu’UNIX représentera une portion bien inférieure du monde informatique dans 5 ou 10 ans.
John Wenstrup : Comme notre étude le prouve, les clients ont toujours intérêt à effectuer des analyses des retours sur investissements approfondies et solides. Plusieurs cadres informatiques nous ont raconté comment ils ont vu divers membres de l’entreprise prendre des décisions au sujet des plates-formes sans rigueur financière et aboutir à des conclusions différentes. Un directeur informatique a déclaré « J’avais toujours peur que pour chaque décision que nous prenions au sujet des serveurs fondée sur une analyse de cas financière approfondie, trois autres décisions prises dans l’entreprise échappent à cette approche rigoureuse. Par conséquent, nous avons déployé un processus d’analyse de cas financière solide pour toutes les décisions en matière de plates-formes, quelle qu’en soit la taille. » De nombreux responsables informatiques ayant participé à notre étude ont reconnu qu’il était nécessaire d’instaurer le même niveau de rigueur financière dans toutes les prises de décisions de l’entreprise en matière de plates-formes, qu’elles soient transformationnelles ou non. Nous sommes d’accord : les directeurs informatiques tireraient avantage de l’application d’une rigueur financière à toutes les parties de leur environnement afin de garantir des décisions optimales en matière de plates-formes.