Livre blanc Microsoft
Exchange 5.5
Messagerie et collaboration de qualité
professionnelle
Ce document présente une stratégie de récupération après sinistre destinée aux utilisateurs exigeants. Elle permet d'optimiser l'utilisation de Microsoft® Exchange Server et d'assurer un service 24h/24, 7j/7, ainsi qu'une durée d'immobilisation réduite au minimum. En bref, ce document traite des données Microsoft Exchange, de leur emplacement de stockage et des procédures de sauvegarde, de l'enregistrement des transactions dans les journaux et de leurs utilisations en cas de récupération après sinistre.
Ce document traite plus avant du support de sauvegarde et de restauration intégré à Microsoft Exchange Server et présente deux scénarios de récupération de données. Il explique la procédure à suivre pour réduire la durée d'immobilisation système en cas de sinistre. Pour faciliter l'administration de vos serveurs, vous trouverez une description de méthodes recommandées et utiles. Ce document introduit également de nouvelles fonctions d'Exchange 5.5 simplifiant la récupération après sinistre.
Pour comprendre le concept et la mise en œuvre d'une planification de récupération des données après sinistre sous Microsoft® Exchange, vous devez prendre en compte la façon dont Microsoft classe les données en question. Sous Exchange, les données sont considérées comme étant locales ou basées sur serveur. Pour les données basées sur serveur, il existe le service Annuaire, la banque d'informations, les données du serveur de gestion principal, la base de registres du système d'exploitation Microsoft Windows NT® et d'autres fichiers et répertoires utilisés par Microsoft Exchange.
Dans le service Annuaire, les données sont enregistrées dans un fichier nommé DIR.EDB, qui se trouve par défaut dans le répertoire DSADATA, sous le répertoire du serveur par défaut. Outre le fichier DIR.EDB, le service Annuaire contient des journaux de transactions qui peuvent résider dans le répertoire DSADATA, dans un autre répertoire ou sur une autre unité, selon que vous exécutez ou non l'Assistant performance.
La banque d'informations se compose de la banque d'informations privée et de la banque d'informations publique. La banque d'informations privée, qui réside dans le fichier PRIV.EDB enregistré par défaut dans le répertoire MDBDATA, contient les données utilisateur telles que les messages et les dossiers. La banque d'informations publique, qui réside dans le fichier PUB.EDB, également enregistré par défaut dans le répertoire MDBDATA, contient les dossiers publics.
Comme le service Annuaire, la banque d'informations se compose des fichiers de base de données et des journaux de transaction. Ces journaux résident également par défaut dans le répertoire MDBDATA avec les fichiers de base de données. Toutefois, si vous exécutez l'Assistant performance, ces journaux de transactions peuvent résider sur une autre unité.
Le serveur de gestion principal est un composant que de nombreux individus prennent en compte lors de la formulation de leur stratégie de sauvegarde ou de récupération après un sinistre. À noter que sous Exchange 4.0 et Microsoft Exchange 5.0, vous devez installer le serveur de gestion principal en tant que composant distinct car il n'est pas intégré dans la configuration du serveur. Ainsi, quand vous installez le serveur de gestion principal, un répertoire nommé Security est créé sous Exchange 4.0 et Exchange 5.0.
Exchange 5.5 traite le serveur de gestion principal différemment. Dans cette version, les données qu'il contient sont enregistrées dans un répertoire KMSDATA sous Exchange. Vous devez donc tenir compte des informations du serveur de gestion principal lors de la formulation de vos stratégies de sauvegarde.
La base de registres Windows NT est également cruciale pour Exchange Server. À noter que la base de registres contient des informations relatives au service ainsi que la plupart des informations de configuration pour certains connecteurs. Par exemple, le connecteur Microsoft Mail utilise la base de registres pour stocker les différents PCMTA que vous avez peut-être installés.
D'autres répertoires susceptibles de nécessiter une sauvegarde résident dans le répertoire EXCHSRVR, le répertoire MTADATA, qui contient des messages et transite via le MTA, et le répertoire IMCDATA qui est utilisé par Internet Mail Service. Le répertoire IMCDATA sert d'emplacement de stockage temporaire et contient les journaux de protocoles quand l'archivage des messages est activé. Le répertoire TRACKING.LOG contient des fichiers de suivi des messages et le répertoire DXADATA contient des informations relatives à la synchronisation des annuaires entre Microsoft Mail et Microsoft Exchange.
Les données locales résident généralement sur l'ordinateur client, et le client est responsable de leur sauvegarde. Elles sont stockées dans quatre emplacements différents : les banques de messages personnelles, les banques de messages hors ligne, les fichiers de carnets d'adresses et les fichiers de données Microsoft Schedule+. Par exemple, les utilisateurs du gestionnaire d'informations du bureau Microsoft Outlook™ peuvent stocker leurs agendas sur leur unité locale ou sur leur serveur, selon l'emplacement de livraison par défaut.
Cette section définit les journaux de transactions et les fichiers du point de contrôle, ainsi que leurs rôles respectifs pour la sauvegarde et la récupération, l'enregistrement circulaire et les journaux de transactions en reproduction. Cependant, vous devez d'abord considérer le flux de messages type au sein d'un environnement Microsoft Exchange. Le client Exchange envoie un message au serveur, ce dernier le reçoit, exécute les transactions qui doivent avoir lieu en mémoire, et écrit presque instantanément ces transactions dans un fichier journal. Au terme d'un certain délai, la transaction est écrite dans la banque d'informations ou le fichier de base de données, le fichier PRIV.EDB ou le fichier PUB.EDB.
Autrement dit, pour des raisons de performances et de fiabilité, les transactions sont d'abord écrites dans les fichiers journaux séquentiels puis dans les fichiers de base de données. Cela signifie que pour chaque transaction écrite dans votre fichier de base de données, il existe une copie dans un fichier journal, qui peut être reproduite dans votre fichier de base de données en cas de blocage. Ceci est l'avantage principal de l'enregistrement des transactions.
La taille est l'une des principales caractéristiques d'un journal de transactions Exchange Server : qu'il soit plein ou vide, il occupe presque toujours 5 Mo. Ainsi, si vous voyez un fichier journal d'une autre taille, vous pouvez considérer qu'il est corrompu. Le journal de transactions courant se nomme toujours EDB.LOG. Lorsqu'il est plein, il est renommé EDB0001.LOG, EDBOOO2.LOG ..., et un nouveau fichier EDB.LOG est créé. En outre, chaque fichier journal de transactions contient une signature qui doit correspondre à celle du fichier de base de données correspondant. Si ces signatures ne correspondent pas, le service correspondant échoue au démarrage et le journal des événements contient un message d'erreur de niveau Jet, signalant qu'une signature de journal ou une signature de base de données est incorrecte.
Le fichier du point de contrôle est une optimisation permettant au service de connaître les transactions ayant été inscrites ou non dans la base de données. Ce fichier se nomme EDB.CHK, et pour le service Annuaire, il réside dans le répertoire DSADATA. Quant au service de banque d'informations, il réside dans le répertoire MDBDATA. Là encore, si vous exécutez l'Assistant performance, l'emplacement de ce fichier peut varier. Chaque fois que vous affectez une transaction au fichier de base de données, le fichier du point de contrôle est mis à jour.
L'enregistrement circulaire est un concept très important pour la récupération après sinistre. Quand l'enregistrement circulaire est activé, il permet d'économiser de l'espace disque en empêchant l'accumulation continue des fichiers journaux de transactions sur votre lecteur. L'inconvénient de l'enregistrement circulaire est que les sauvegardes incrémentielles et différentielles ne peuvent évidemment pas s'effectuer et, par conséquent, ne sont pas disponibles en cas de blocage. À noter que l'enregistrement circulaire est le paramètre par défaut sous Exchange, vous pouvez le désactiver via le programme Admin.
Voici comment ces fichiers journaux de transactions et fichiers du point de contrôle fonctionnent pour la récupération. Avec toutes vos transactions enregistrées dans un fichier journal de transactions et le fichier du point de contrôle indiquant les transactions qui ont été inscrites dans la base de données, le service analyse les fichiers du point de contrôle pour rechercher la dernière transaction inscrite dans la base de données. Le service analyse alors les journaux de transactions pour rechercher les transactions qui n'ont pas encore été inscrites dans la base de données, et les y ajoute. Ce processus est exécuté automatiquement lorsque vous démarrez le service ou lorsque vous avez restauré une sauvegarde en ligne.
Microsoft Exchange classe les sauvegardes selon leur type : en ligne ou hors ligne. Une sauvegarde en ligne est réalisée pendant que les services Exchange sont exécutés. Pour sauvegarder les données durant l'exécution des services, vous avez besoin d'un programme de sauvegarde Exchange, tel que NTBACKUP.EXE, commercialisé avec Exchange, ou d'une solution externe. Ces programmes sauvegardent les données sous forme logique, autrement dit toutes les données liées à la banque d'informations et toutes les données liées au service Annuaire. Il n'est pas nécessaire de demander au programme de sauvegarder par exemple votre fichier DIR.EDB et vos journaux de transactions, car il s'en charge automatiquement.
Exchange prend en charge quatre types de sauvegardes en ligne : normale ou totale, copie, incrémentielle et différentielle. Une sauvegarde normale vous permet d'enregistrer vos fichiers de base de données puis les fichiers journaux de transactions, ces derniers sont par la suite supprimés du répertoire. Autrement dit, l'enregistrement circulaire peut être désactivé, car votre logiciel de sauvegarde supprime les fichiers journaux. Ainsi, si vous réalisez des sauvegardes régulières, vous ne courez pas le risque que vos fichiers journaux saturent votre unité. Pour restaurer une sauvegarde normale, vous devez seulement restaurer la dernière sauvegarde normale puis démarrer le service.
Une copie de sauvegarde est semblable à une sauvegarde normale, hormis le fait qu'elle ne purge pas les fichiers journaux sur votre unité et ne met pas à jour le contexte de sauvegarde dans les fichiers de base de données. Ce type de sauvegarde est donc fort utile si vous ne souhaitez pas perturber votre planification de sauvegarde normale, mais que vous souhaitez absolument sauvegarder vos données.
Une sauvegarde incrémentielle agit uniquement sur les fichiers journaux et, par conséquent, uniquement lorsque l'enregistrement circulaire est désactivé. Comme la sauvegarde normale, la sauvegarde incrémentielle purge les fichiers journaux après les avoir sauvegardés. Ainsi, celle-ci constitue un autre moyen de vous débarrasser des fichiers journaux résidant sur votre unité sans compromettre les facultés de récupération. Pour restaurer une sauvegarde incrémentielle, vous devez revenir à votre dernier jeu de sauvegarde normale, lequel contient vos fichiers de base de données. Restaurez ces fichiers de base de données, restaurez chaque sauvegarde incrémentielle réalisée après la sauvegarde normale, puis démarrez le service. À noter que vous ne devez pas démarrer le service tant que vous n'avez pas restauré tous les jeux de sauvegarde. Sinon, tous les journaux restaurés après le jeu de sauvegarde ne seront pas parcourus.
Tout comme la sauvegarde incrémentielle, la sauvegarde différentielle agit sur les fichiers journaux. Pour l'utiliser, l'enregistrement circulaire doit donc être désactivé. Toutefois, contrairement à la sauvegarde incrémentielle, la sauvegarde différentielle ne supprime pas les fichiers journaux. Pour restaurer un jeu de sauvegarde différentielle, revenez à la dernière sauvegarde normale puis restaurez votre jeu de sauvegarde différentielle, lequel contient l'intégralité des fichiers journaux générés après votre dernière sauvegarde normale. Comme pour la sauvegarde incrémentielle, ne démarrez pas le service tant que vous n'avez pas restauré tous les jeux de sauvegarde.
Comme vous pouvez le supposer, la durée requise pour réaliser une sauvegarde en ligne peut varier considérablement en fonction du type et de la fréquence de sauvegarde. Si vous réalisez une sauvegarde quotidienne normale, la durée requise est maximale et reste constante chaque jour. Si vous réalisez une sauvegarde normale le vendredi et une sauvegarde incrémentielle du lundi au jeudi, la durée requise est également constante, mais elle est bien inférieure à celle requise pour une sauvegarde normale quotidienne. Si vous réalisez une sauvegarde normale le vendredi et une sauvegarde incrémentielle les autres jours, la durée requise est inférieure à celle requise pour une sauvegarde normale, mais elle augmente du lundi au jeudi car vous ne supprimez pas les fichiers journaux.
La simplicité est l'avantage d'une sauvegarde normale quotidienne : c'est la sauvegarde la plus simple à planifier et à restaurer, car vous devez uniquement revenir à votre dernière sauvegarde normale. Par contre, elle nécessite la durée maximale chaque jour et, selon la taille de vos fichiers de base de données, vous devrez peut-être changer les bandes chaque jour.
L'avantage d'une sauvegarde normale plus incrémentielle est que la durée de sauvegarde est minimale et a donc des répercussions moindres sur le serveur. Celle-ci présente aussi des inconvénients. Vous devez effectuer entre deux et sept restaurations en cas de blocage, ce qui peut nécessiter plusieurs bandes, et l'enregistrement circulaire doit être désactivé.
L'avantage d'une sauvegarde normale plus différentielle est que les répercussions sur le serveur sont inférieures à celles d'une sauvegarde quotidienne normale et, plus important encore, elle procure plusieurs copies de journaux sur l'ensemble de la semaine. Par exemple, si vous vous rendez compte samedi qu'un fichier journal généré lundi est corrompu, vous pouvez revenir à n'importe quelle sauvegarde quotidienne de la semaine et restaurer ce fichier journal. Mais elle présente également des inconvénients. Elle nécessite deux restaurations en cas de blocage, le délai de sauvegarde augmente chaque jour, et l'enregistrement circulaire doit être désactivé.
Une sauvegarde hors ligne est une sauvegarde normale au niveau des fichiers, exécutée avec les services à l'arrêt. Tout logiciel de sauvegarde peut exécuter une sauvegarde hors ligne. Toutefois, lorsque vous procédez à une restauration, une sauvegarde hors ligne ne restitue pas automatiquement les fichiers journaux, contrairement à la sauvegarde en ligne. Pour cette raison, Microsoft ne recommande pas la sauvegarde hors ligne pour les sauvegardes quotidiennes, mais celle-ci s'impose en cas d'échec de sauvegardes en ligne.
Quel que soit le type de sauvegarde choisi, gardez à l'esprit les rôles respectifs du serveur de gestion principal et de la base de registres Windows NT. Lorsque vous sauvegardez le service Annuaire et la banque d'informations, les données du serveur de gestion principal ne sont pas sauvegardées. Pour sauvegarder ces données, vous devez interrompre le service et sauvegarder SECURITY\MGRENT (sous Microsoft Exchange 4.0 ou 5.0) et KMSDATA5.5 (sous Exchange 5.5). Si vous sélectionnez l'option permettant d'utiliser le disque de démarrage du serveur de gestion principal, vous devez aussi le sauvegarder régulièrement. Sans une copie de ce disque, le service ne démarrera pas.
En ce qui concerne Exchange, la configuration des services et du connecteur réside dans la base de données de comptes Windows NT, qui réside elle-même dans la base de registres Windows NT. Si quelqu'un supprime accidentellement votre compte de services, ou si votre base de données est corrompue, vous devez la restaurer. Il est impossible de recréer le compte de services Exchange, car les SID du compte initial et du nouveau compte sont différents. Et si vous ne disposez d'aucune sauvegarde de votre base de données de comptes, la seule solution consiste à réinstaller chaque serveur utilisant ce compte de services. Il est donc essentiel d'effectuer cette sauvegarde, en particulier sur vos contrôleurs de domaines.
Bien évidemment, le choix de la procédure de restauration des données dépend du type de sauvegarde effectuée (sauvegarde en ligne ou hors ligne). En outre, la restauration d'une sauvegarde en ligne est plus simple que celle d'une sauvegarde hors ligne. En cas de sauvegarde normale quotidienne, il vous suffit de restaurer la dernière sauvegarde normale puis de démarrer le service. En cas de sauvegarde normale plus incrémentielle, vous devez restaurer la dernière sauvegarde normale et tous les jeux incrémentiels, puis démarrer le service. Exchange restitue ensuite les fichiers journaux. En cas de sauvegarde normale plus différentielle, vous devez restaurer la dernière sauvegarde normale, la dernière sauvegarde différentielle, puis démarrer le service.
En cas de sauvegarde hors ligne, vous devez suivre une procédure pour la restauration du service Annuaire et une autre pour la restauration de la banque d'informations. Pour le service Annuaire, restaurez les répertoires DSADATA, à l'aide de la base de registres Windows NT si nécessaire pour localiser les différents répertoires DSADATA sur différentes unités. Ensuite, démarrez le service. Pour la banque d'informations, restaurez les répertoires MDBDATA (dont les emplacements sont également affichés dans la base de registres) puis exécutez un programme nommé ISINTEG.EXE, qui se trouve dans le répertoire corbeille (bin) sous Microsoft Exchange Server, et fournissez à ce programme l'option de ligne de commande "-patch". Ensuite, arrêtez le service. Il redémarrera normalement de son propre chef.
Pour restaurer la base de registres Windows NT, exécutez NT.EXE et cochez la case "Restaurer le Registre local". Pour restaurer le service du serveur de gestion principal, vous devez interrompre le service, restaurer le répertoire correspondant, restaurer le disque de démarrage, puis démarrer le service.
Pour automatiser les sauvegardes, utilisez NTBACKUP.EXE pour créer un fichier de commandes qui configure un processus de sauvegarde en fonction de vos besoins. Vous pouvez sauvegarder uniquement le service Annuaire ou uniquement la banque d'informations, à l'aide de sauvegardes normales, incrémentielles et différentielles. Vous pouvez planifier l'exécution de ce fichier de commandes à l'aide du programme Add Schedule intégré dans Windows NT, du programme WinAT fourni avec le Kit de ressources Windows NT ou bien d'une solution de sauvegarde externe.
Exchange prend en charge deux scénarios principaux de récupération des données : élément individuel et serveur complet. Comme son nom l'indique, la récupération d'un élément individuel est requise lorsque quelqu'un supprime accidentellement un message, une boîte de réception, un dossier public ou privé, etc. ; une récupération de serveur complet est requise lorsque vous devez récupérer toutes les informations de votre serveur. Pour récupérer un élément individuel tel qu'un message, une boîte de réception ou un dossier sous Microsoft Exchange 4.0 ou 5.0, vous devez disposer d'un serveur dédié distinct de votre site Exchange actuel, qui soit en mesure d'exécuter Exchange et qui offre un espace disque suffisant pour contenir une restauration de l'intégralité de la banque d'informations.
Sur ce serveur de récupération, installez Windows NT et tous les Service Packs Windows NT souhaités, puis installez Exchange avec le même nom d'organisation et le même nom de site que votre serveur de production. Durant cette procédure, veillez à ne pas associer le serveur au site existant. Au lieu de cela, créez un nouveau site avec le même nom d'organisation et le même nom de site que l'ordinateur d'origine. Ensuite, mettez à niveau vers un Service Pack Exchange de version identique à celui qui se trouvait sur votre serveur de production quand vous avez réalisé la sauvegarde que vous souhaitez restaurer.
Restaurez maintenant la banque d'informations et exécutez le vérificateur de cohérence SA/BI. Comme vous n'avez pas encore restauré le service Annuaire Exchange, le vérificateur de cohérence remplit le service Annuaire avec les informations extraites de la banque d'informations restaurée. Ouvrez ensuite une session du programme Admin et attribuez des autorisations à la boîte de réception ou au dossier public que vous recherchez. Utilisez le client Exchange pour vous connecter à cette boîte de réception et copiez les informations dans un fichier PST que vous pouvez fournir à l'utilisateur en question.
Sous Microsoft Exchange 5.5, vous pouvez automatiser la plupart de ces étapes à l'aide d'une fonction nommée "Récupération d'élément", traitée plus en détails à la fin de ce livre blanc. En outre, certains fabricants peuvent proposer des fonctions rapides de récupération d'élément individuel.
En ce qui concerne la récupération du serveur complet, elle intervient généralement lorsque votre serveur a été détruit ou retiré, par exemple lors de la mise à niveau vers un ordinateur plus puissant. Contrairement à la récupération d'un élément individuel, la récupération du serveur complet exige la restauration de la banque d'informations et de l'annuaire. Pour cette raison, le serveur de récupération doit avoir le même nom que votre serveur de production. Vous devez également accéder au même compte de services que votre serveur de production et à la même base de données de comptes Windows NT. Vous devez donc disposer d'un contrôleur de domaines, en plus du serveur Exchange en cours de récupération.
En premier lieu, utilisez le Gestionnaire de serveur de Windows NT pour supprimer et recréer le compte de l'ordinateur en cours de récupération dans le domaine. Ensuite, installez Windows NT Server en conservant le même nom d'ordinateur que votre serveur de production, tous les Service Packs Windows NT souhaités et Exchange Server, puis sélectionnez l'option permettant de créer un nouveau site, tout comme lors de la récupération d'un élément individuel. Ensuite, mettez à niveau vers le même Service Pack dont dispose le serveur initial et, si ce dernier avait un connecteur Microsoft Mail, configurez-le. Si le serveur initial disposait d'un serveur de gestion principal, installez-le. Ensuite, restaurez le service Annuaire et la banque d'informations, restaurez les données du serveur de gestion principal, puis démarrez les services.
Vous pouvez prendre certaines précautions pour vous préparer à un blocage. En premier lieu, vous devez impérativement réaliser des sauvegardes en ligne quotidiennes, désactiver l'enregistrement circulaire et vérifier régulièrement les sauvegardes. Vous devez également enregistrer régulièrement votre base de registres sur vos contrôleurs de domaines, et interrompre occasionnellement les services pour exécuter une sauvegarde complète au niveau des fichiers.
En second lieu, contrôlez régulièrement vos journaux d'événements et d'application pour savoir si vos sauvegardes en ligne ont réussi. Troisièmement, définissez des limites pour les tailles des messages et des boîtes de réception, afin d'éviter l'augmentation excessive de votre banque d'informations et, par là-même, de la durée de restauration. Quatrièmement, videz régulièrement vos boîtes de réception, notamment celle de l'administrateur associée à certains connecteurs. Cinquièmement, séparez les bases de données et les fichiers d'échange des journaux de transaction, en plaçant ces premières sur un agrégat par bandes RAID 5 et ces derniers sur une unité physique dédiée. Cela peut considérablement réduire le risque de tous les perdre simultanément, et peut accroître les performances. Sixièmement, maintenez un espace disque disponible suffisant sur vos unités afin de pouvoir exécuter périodiquement des utilitaires de défragmentation des bases de données.
Quelles que soient les précautions prises, il y a toujours un risque de blocage. Vous devez donc apprendre comment réduire la durée d'immobilisation. Cette durée peut se diviser en deux parties : le délai de restauration requis et le délai requis pour préparer l'ordinateur de récupération. Pour réduire la durée de restauration, vous devez sauvegarder les bandes sur un site facilement accessible et disposer d'une solution de restauration rapide. Le logiciel Exchange Server 5.5, par exemple, offre la vitesse de restauration la plus rapide à ce jour grâce aux lecteurs de bandes ; la seule contrainte est d'ordre matériel. Veillez aux délais de restauration, notamment si vous passez à Microsoft Exchange 5.5 et sa banque illimitée.
Le meilleur moyen de réduire la durée de préparation de votre ordinateur de récupération est de maintenir un "disque de réserve", autrement dit un ordinateur sur site préconfiguré pour gérer votre environnement Exchange. Deux préoccupations majeures doivent être prises en compte. Tout d'abord, le service Annuaire Exchange est lié au nom NETBIOS. Il est donc impossible d'installer ce service sur un autre ordinateur, car vous ne pouvez pas avoir deux ordinateurs sur votre réseau avec le même nom NETBIOS.
Ensuite, le service Annuaire Exchange dépend du compte de services. Ainsi, si votre disque de réserve sur un autre réseau n'a pas accès à vos comptes de domaine, vous ne pouvez pas réussir la restauration ni le démarrage du service Annuaire sur cet ordinateur.
Lorsque vous utilisez un disque de réserve pour récupérer un élément individuel, il vous suffit de restaurer la banque d'informations. Pour préparer le disque de réserve, installez Windows NT, vos Service Packs Windows NT, et Exchange Server, avec le même nom de site et d'organisation, et sans associer le site existant. Assurez-vous également que votre Service Pack Windows NT correspond à la dernière version exécutée sur votre serveur de production. Pour restaurer la banque d'informations, exécutez simplement SA/BI puis attribuez des autorisations.
Si vous utilisez un disque de réserve pour une récupération de service complet, vous devez restaurer la banque d'informations et le service Annuaire. N'oubliez pas que le service Annuaire dépend du nom NETBIOS et qu'il est impossible que deux serveurs portent le même nom sur le réseau. Pour préparer le disque de réserve, installez Windows NT et attribuez un autre nom à l'ordinateur, mais associez-le au même domaine. Ensuite, installez le Service Pack Windows NT approprié.
Veillez à utiliser le même matériel que le serveur initial, même si cela n'est pas impératif. Par contre, vous devez absolument disposer d'un contrôleur de domaine autre que le serveur de récupération ou le serveur Exchange actuel. En effet, lorsque votre serveur Exchange tombe en panne, l'autre contrôleur de domaine doit être en mesure de fournir la base de données de comptes à votre serveur de récupération.
Dès que votre serveur Microsoft Exchange tombe en panne, supprimez le compte d'ordinateur sur le domaine, recréez-le puis renommez votre disque de réserve pour qu'il prenne le nom du serveur de récupération. Vous pouvez désormais y installer Exchange et procéder à la restauration. Cette approche réduit le délai d'installation de Windows NT et des Service Packs Windows NT.
Pour la récupération, les étapes sont identiques à celles qui ont été décrites précédemment. Créez un nouveau site en conservant le nom du site précédent, sélectionnez le même compte de services, installez les mêmes connecteurs et mettez à niveau vers un Service Pack identique. Ensuite, restaurez le service Annuaire et la banque d'informations, reconfigurez les connecteurs le cas échéant, puis installez le serveur de gestion principal avant de procéder à la restauration. Ensuite, restaurez le service Annuaire et la banque d'informations, restaurez les données du serveur de gestion principal, puis démarrez les services.
Malheureusement, un blocage peut se produire à un moment où aucune sauvegarde récente n'est disponible. Dans ce cas, la perte de données dépend du type de sauvegarde à votre disposition. Si vous disposez par exemple d'une sauvegarde en ligne effectuée un mois auparavant, avec l'enregistrement circulaire désactivé, vous n'aurez qu'à restaurer la dernière sauvegarde et vous récupérerez toutes vos données. Autrement, si vous n'avez qu'une sauvegarde hors ligne ou une sauvegarde en ligne avec l'enregistrement circulaire activé, vous perdrez sans doute des données et la base de données nécessitera une réparation, ce qui constitue votre dernier recours de récupération après sinistre.
Microsoft Exchange 5.5 fournit deux fonctions principales visant à accélérer la récupération après sinistre : Récupération d'élément (pour la récupération d'élément individuel) et le support Microsoft Exchange Cluster Server (pour la récupération de serveur complet). La Récupération d'élément s'apparente à une corbeille pour la banque d'informations, et vous offre la possibilité de récupérer des éléments supprimés. Dans la banque d'informations privée, la Récupération d'élément vous permet de récupérer des messages et des dossiers supprimés, mais pas des boîtes de réception supprimées. De la même manière, dans la banque d'informations publique, la Récupération d'élément vous permet de récupérer des messages et des dossiers supprimés.
La Récupération d'élément est basée sur certains concepts de base d'Exchange 5.5. Chaque objet a un nouvel attribut qui lui est associé. Lorsque vous supprimez un élément (ou dossier), cet élément reste dans la banque d'informations (même si vous ne le voyez plus). La configuration de cette fonction est effectuée depuis le programme d'administration et la récupération est contrôlée depuis le client. Pour configurer cette fonction sur l'objet serveur, vous devez définir des propriétés sur la banque d'informations privée déterminant la durée et les conditions de conservation d'un élément supprimé. Vous pouvez également définir des propriétés similaires sur une boîte de réception donnée, à l'aide des paramètres par défaut ou personnalisés de cette boîte de réception.
En matière de récupération, Exchange 5.5 inclut une nouvelle extension client pour la Récupération d'élément nommée Restauration des éléments supprimés. Lorsque vous sélectionnez cette extension dans le menu Outils, une boîte de dialogue de restauration identique à celle de la corbeille apparaît. Vous pouvez alors restaurer des messages et des dossiers.
En résumé, Microsoft Cluster Service Support signifie que vous pouvez avoir un groupe de systèmes indépendants se présentant comme un système unique. Vous pouvez les gérer comme un système unique et ils peuvent utiliser un espace de noms commun. Les services sont " niveau cluster" et le cluster fournit une haute tolérance en cas de panne des composants. Vous bénéficiez donc d'une plus grande capacité de protection des données et, en cas de blocage, la restauration de toutes les données est plus simple et plus rapide.
Il existe d'autres ressources auxquelles vous pouvez avoir recours en cas de récupération après sinistre : Microsoft TechNet et sa mine d'informations dans la Base de connaissances PSS Microsoft, le Kit de ressources Microsoft BackOffice®, qui inclut également des utilitaires spécifiques à la récupération , et Exchange ListServ.
Microsoft a conçu Exchange dans l'optique de la récupération. Il devrait donc vous être possible de récupérer vos données après presque n'importe quel sinistre.
Dernière mise à jour le lundi 21 février 2000